
Été 2018. Il fait chaud, très chaud. Confiants, habitués, Corréziens et touristes reprennent le chemin de Ruffaud pour s’y rafraîchir. Stupéfaction, déception, colère ! Qui s’exprime notamment par une pétition sur Opinion.com, et sur les réseaux sociaux (voir la page Facebook : « Ne touchez pas au ciel de Gimel »). L’étang est bouclé, impossible de s’y tremper, les environs sont cadenassés, pancartes à l’appui : l’endroit est bouclé, l’eau a été privatisée, l’herbe et les arbres accaparés… Ce lieu public depuis toujours est devenu le terrain d’amusement payant de quelques pêcheurs amateurs. Comment s’étonner de ce rififi estival autour de Ruffaud ?
De quelle planète vient donc M. Coste ?
Précipitation sur le projet de vente entre les deux parties (accessible sur le site du CMarie Laure2018-08-26T21:30:00MLrque, c’estquoi qui est accessible sur le site du CD ?D). L’éminente collectivité territoriale a vendu l’étang et ses environs sans aucune clause obligeant le nouveau propriétaire à respecter la traditionnelle vocation de Ruffaud : un lieu de détente et de rafraîchissement pour un large public. Le fait qu’une bonne partie de l’étang soit protégée comme site inscrit depuis 1949 semble n’avoir même pas été signalé à l’acheteur.
rque, c’estquoi qui est accessible sur le site du CD ?
De là quelques questions. D’où vient ce choix de M. Coste, président du CD, et de la collectivité qu’il préside, de se débarrasser de l’étang alors que ce site présente un intérêt touristique et environnemental pour les environs de Gimel et la Corrèze ? M. Coste sait-il que depuis des générations les Tullistes viennent goûter la fraîcheur de ce lieu ? Sait-il que ce site, en partie classé2 Cf. site de l’ex-DREAL : http://www.nouvelle-aquitaine.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/GIMEL_etang_de_Ruffaud_.pdf, fait partie de la mémoire de tous les habitants des environs comme un lieu de détente familiale, amicale, amoureuse ? Qu’il a été célébré par Gaston Vuillier, ce « Corrézien d’honneur » à qui on doit la préservation du site de Gimel-les-Cascades, dès 1903 ?3 Lire : « Gimel, cascades, gorges, étangs, impressions du présent, légendes du passé », Gaston Vuillier (1845-1915), ouvrage paru en 1903. Sait-il que le tourisme, qui maintient en vie nos vieux bourgs, est un ensemble et que le bradage d’une de ses parties compromet le tout ?
Cf. site de l’ex-DREAL : http://www.nouvelle-aquitaine.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/GIMEL_etang_de_Ruffaud_.pdf
Lire : « Gimel, cascades, gorges, étangs, impressions du présent, légendes du passé », Gaston Vuillier (1845-1915), ouvrage paru en 1903.
Enfin sur quelle planète M. Coste vit-il ? Ne s’est-il pas aperçu que les étés, y compris en Corrèze, étaient de plus en plus torrides et rendaient l’accès à l’eau nécessaire ? Quelle raison puissante y avait-il de priver des milliers de personnes d’un lieu agréable et rafraîchissant ?
On ne peut en effet laisser dire que des raisons financières auraient obligé incité le CD à procéder à cette opération au moment où il se portait acquéreur, au prix fort, des gravières d’Argentat, dont le maire est membre de la majorité du CD, pour en faire un espace naturel sensible, alors même que la part départementale de la taxe d’aménagement des espaces naturels sensibles perçues sur les permis de construire y est affectée.
Les amoureux questionnent
La société IKTUS a acquis l’étang pour une valeur de 720 000 €, alors même que l’achat par le département, en 1972, avait été suivi d’investissements importants par le CD. IKTUS fait de Ruffaud un étang réservé aux pêcheurs de carpes ou carpistes (cette société a son siège à Pau et possède un autre étang de pêche à la carpe dans les environs de cette ville).
Alors quelques-uns des amoureux et exclus de Ruffaud adressent à M. Coste, fin juillet, une lettre ouverte dans laquelle des questions claires sont posées : l’eau étant un bien commun, est-il impossible de revoir votre copie et de faire en sorte que l’étang, même privé, revienne en partie au public ? De rappeler à la société IKTUS que ce site étant protégé tout n’y est pas permis ? D’exercer votre autorité pour que le tour à pied de l’étang redevienne possible aux promeneurs, que chacun(e) puisse à nouveau s’y baigner comme avant ? Après tout, c’était bien le cas, alors que l’étang, avant sa cession au département en février 1972, appartenait aussi à un propriétaire privé.
Rachel Kejem





