S’ouvre dans un nouvel onglet
Menu
La Trousse Corrézienne

C'est bon pour le moral (donc pour la santé), LTC 18 · 4 mai 2018

L’art d’être grand-mère #2

« L’art d’être grand-mère #2 »

Un nourrisson, enfin une nourrissonne. Rigolo, cela sonne comme oursonne. Vous savez, ces toutes petites choses, qui nous font faire des Ah, et des Oh, au moindre battement de cils, et que nos hormones nous poussent à prendre dans les bras, même s’ils ne demandent rien, surtout s’ils ne demandent rien. Et, je suis SA mère-grand. Yaouh !

Vous avez intérêt à dire Yaouh ! C’est nécessairement bien, merveilleux, tu vas voir, et tutti quanti. Pauline est enceinte ? Oh tu verras, c’est…c’est… Surtout, t’as les plaisirs sans avoir les soucis, hein ! Devant tant d’enthousiasme amical, j’ai retenu mes doutes. J’en ai toujours. Je suis née douteuse. J’ai souri. De toutes façons, j’étais contente. Pour le reste j’attendais de voir.

Prête à ouvrir mes yeux et mes oreilles, forte de l’entraînement réalisé avec un couple d’amis trentenaire et sa petite fille, juste d’un an plus âgée, et surtout prête à d’abord fermer ma bouche. Je conserve en mémoire vive les agacements crispés que m’avaient provoqués les conseils continus du style « tu devrais la laisser pleurer (ça fait les poumons), tu devrais essayer de la régler, tu devrais… ». Donc à éviter.

J’ai vu. À cinq jours. Toute minuscule. Comme on rêve les bébés : elle dormait. J’ai regardé un moment. Elle est belle, elle est belle, elle est belle, tagada, flonflon. Et j’ai fait des Ah et des Oh, parce que j’y peux rien, les touts-petits petits, ceux qui n’ont jamais rien vu de leur vie, ça me fait craquer. Et j’aime encore plus voir les parents scotchés à leur progéniture, n’en revenant pas d’avoir fait ça ! Ceci dit, j’attendais le pincement du ventre, l’émotion physique qui me dirait que ça vient un peu de moi, un bébé différent. Rien, mais alors rien. Bon, c’est bien ce que je pensais le sang ne parle pas. Ouf.

Et je suis passée à l’étape suivante : s’apprivoiser. Certes, par rapport aux autres, à tous les autres bébés je veux dire, j’ai une légitimité. Je suis la grand-mère. Ma fille me regardait et je savais que j’étais légitime, même, elle me donnait une place : trop chou non ? Une salle de spectacle pour moi toute seule ! Mais légitime de quoi, je n’en sais trop rien. La légitimité n’a jamais ouvert l’obligation d’être bien avec et pouvoir prendre du plaisir à être ensemble. J’ai pris dans les bras, bercer, chantonner histoire de voir si la minuscule s’endormirait. Pourquoi tu la balances si fort, m’a dit ma fille ? J’ai réduit la voilure, fermement décidée à laisser les parents décider du comment faire et à suivre les consignes. L’apprivoisement de la minuscule suppose la confiance parentale, acquise presque, mais être attentive. L’art du copiage est parfait, la mère-grand ne décide pas, elle recopie avec quelques différences nécessairement. Mais menues, les différences : c’est presque pareil, mais pas tout à fait. Tout un art au départ, vraiment.

D’abord, y aller régulièrement, malgré la distance. Observer. Parler et prendre. Se laisser glisser, se faire plaisir, faire sourire, puis rire. S’habituer l’une à l’autre, et guetter la reconnaissance. Trop contente j’étais que de chantonner et bercer, et plouc, endormissement. Enfin, plouc, pas tout à fait. Plutôt, plouc, plouc, plouc. En trois fois. Sur ce point, les minuscules changent peu au cours du temps, l’endormissement n’est jamais acquis.

Penser à se mettre en sécurité, c’est à dire ne pas accepter ce dont je ne me sens pas capable. Pas la peine d’être en tension, j’ai plus l’âge. Répéter la mise dans le porte-bébé, et la mise en siège-auto pour que tout se passe sans anicroche. Je laisse ma fille m’expliquer, j’aime bien, même si je reconnais ne pas être toujours attentive « Maman, tu n’as rien écouté, là ! », et j’aime ce changement de position.

Mais au fait pourquoi tout cela ? Parce que cela me fait plaisir. Juste plaisir. Et que apprivoiser c’est construire cette reconnaissance réciproque qui fait le plaisir de se voir, et qui provoque enfin ce pincement de cœur, qui a tout d’une montée d’hormones construite.

Et quand j’apprends d’une connaissance, qu’elle va être grand-mère, je lui dis : tu verras c’est, c’est, ah c’est bien, mais surtout, surtout, ce qui est bien c’est de voir et entendre ton enfant avec le sien.

Mamielala

Du papier, des crayons, pas de pubards.

Le papier, c'est encore mieux.

C'est bien de nous lire sur ton mobile. Mais la Trousse papier, c'est autre chose : 5 numéros par an, écrits et dessinés en Corrèze, postés chez toi.

Dans la même trousse

« D’Éole aux éoliennes »

Histoire d’éoliennes — d’Éole aux éoliennes

Éole dieu grec des vents apparaît dans l’Iliade où Homère en fait le fils d’Hippotès, un simple mortel. Cet étrange dieu vit sur une île entourée de ses 12 enfants. Six filles et six garçons mariés entre eux.Toujours selon Homère il tient son pouvoir du…

4 mai 2018

Ektos c/o Khronos

Bienvenue en pays de Loufoqueries !

4 mai 2018

Un massage en Corrèze, ça vous dit ?

Et bien, c’est tout nouveau et c’est en Corrèze !

4 mai 2018

Articles récents

Dessin d’Herbette : Donald Trump reçoit un paquet cadeau « LMB » des mains d’un homme en costume — « Formidable, thank you! »

Vente de LMB Aerospace à Malemort

Le Parti communiste français (PCF) – section de Brive a fait parvenir le communiqué de presse ci-dessous à La Trousse corrézienne en février dernier. Nous lui posons en retour quelques questions dans l’encadré qui figure en bas de page.

17 octobre 2026

Illustration : un panneau « DÉVIATION » jaune et noir à la peinture épaisse.

Déviation de la RD 901 à Varetz : une opération qui interroge

Le 12 juillet 2024, le conseil départemental de la Corrèze a décidé, à l’unanimité, de retenir le tracé de la variante numéro 1 et donc de relancer à l’identique un projet datant de plus de 30 ans.

17 octobre 2026

Aquarelle de Bernard : la vache Mounette, une fleur à la bouche.

Vachement bien…

C’est l’histoire d’une vache qui dépérissait au fond d’une étable, faute de bons soins sans doute. Paul l’a vue et il n’a pas aimé ça, alors il l’a achetée. Il l’a amenée chez lui, il l’a retapée, il l’a baptisée Mounette et chaque année ensuite,…

17 octobre 2026

✕
Fermer le menu
Les rubriques
LE JOURNAL
♥ Soutenez-nous : faites un don !S'abonner au journal