Bienvenue en Pays de Loufoqueries !
Où est passé Ektos ? La petite entité nébulo-crânienne éprise de liberté, qui court la Korézie Élektorienne depuis plusieurs mois, a disparu. Alors qu’il s’apprêtait à s’envoler vers le 7° ciel en compagnie de Natoriale (Cf LTC N°14), voilà qu’Ektos s’est volatilisé ! Le slogan Wolinskien (1), qu’il avait soigneusement plié en parachute avant de s’envoyer en l’air, gît au sol, dans un état pitoyable.
Voyage en Sirkonskrypcion – 5 (fin)
Ailes en feuilles de fougères, plumes en pétard, bec passant alternativement du blanc-nul au bleu conservateur et au rouge révolutionnaire, la buse, tressautant comme une sauterelle montée sur piles cuniculicoles roses, narre : « Kumuli mandati à l’horizon, fort vent ionique, moult abeilles, cri de chèvre, farfadets-carottes dansant dans l’air. Après : bruit assourdissant, clarté aveuglante, fumée délétère, buse catapultée, Ektos évaporé ! ». Tandis que le kéraunopathologue Follet-le-Bouffon, célèbre figure du Lichtenberg, statique dans ses bottes avec ampoules de Livermore aux pieds, mesure la fréquence des ondes hertziennes de la rescapée, une cohorte de représentants du peuple, accourus des mairies, palais et autres QG, s’interrogent. Au début, on croit à un coup de foudre d’Éros, vexé d’avoir été moqué ; on songe à une apparition miraculeuse de Sainte-Thècle avec les feux de Saint-Elme. Puis, on suggère un règlement de compte du Gang Mazda ; un coup de Lyne Qi et de son compère N&10 ; une vendetta de pizzaïoli de l’U.M.P *. Ensuite, on soupçonne un berger électrique jaloux. Gégène Milgramme, vieux militaire rêvant depuis longtemps de faire rentrer Ektos dans le rang est aussi sur la liste des criminels potentiels. Aucune piste n’est écartée. Sous la pression du lobby des accros aux feux de l’amour, la classe politique fait appel à des spécialistes. Une équipe de déminage passe tous les barrages à la brosse métallique et sonde Korélectorale. Les inspecteurs Faraday & Farfadet sont dépêchés. Totalement sous-tension, ils arrêtent Pyrée, foudrier auvergnat et anarchiste dont le tort est de crier régulièrement : « Fai tot petar, miladiu ! ». Les gardes à vue se multiplient. Isolés près du poste électrique, Coulomb et Picofarad, deux mauvais conducteurs souvent à la masse et qui n’ont pas inventé la poudre, jouent au jeu de barres. Plus loin, assis tel Rascar Capac, l’haleine chargée de trop siroter des Korona, un loustic nommé Tarhu déclame des « Ohm » en continu, guettant l’effet kisjoul. Suite à la découverte de pinces crocodile et de démarreurs bleus dans son garage, un pratiquant de vulcanisation est mis aux fers, sur le champs. Sous le coup de la loi d’Avogadro, il est enfermé dans une cellule photovoltaïque et condamné à émettre des gaz parfaits sans passer par les Wh. Bientôt TV Desmodontinae court-circuite Papa Radzi, qui traque le skoup avec les clichés d’une pauvre batterie à plat, en annonçant que la voisine de Georges B. a été dénoncée. Mais en exil depuis 1960, cette dernière est mise hors de cause.
À Tulle ou ailleurs, poinct [point, mais je ne sais pas si la faute est volontaire…] d’Ektos ! Quelque part au fond d’un vallon corrézien, au bord d’une serve et au pied d’un grand frêne, les locataires d’un vieux muret tout moussu racontent qu’ils ont vu une chose bien étrange. En pleine rase campagne, un feu follet a pris la poudre d’escampette en chantant à tue-tête : « À bas les pénitences, les règlements au feu et les maîtres du monde au milieu ».
(1) « La campagne, c’est bien pour penser à rien »
- : Cf LTC N°13



