Michel Tricoche, maire du petit village de Ruelle-sur-Touvre (Charentes) est assez content de son arrêté municipal, voté à l’unanimité par son Conseil municipal au début du mois de mars, qui interdit aux agriculteurs la pulvérisation de pesticides à moins de cinquante mètres des habitations. Cet arrêté va donc bien plus loin que la loi, qui n’impose cette distance minimale qu’autour des établissements publics accueillant des enfants ou des personnes âgées. La satisfaction du maire vient de la médiatisation de cet arrêté, puisque les grands médias se sont emparés de l’affaire suite à la grogne de la FNSEA, qui bombe le torse et demande à l’État de faire annuler cette décision qu’elle juge inacceptable. Faudrait quand même pas pousser Mémé dans les orties, où va-t-on si un « petit » maire empêche les empoisonneurs de tuer tranquillement ?
Ruelle est la première commune de Charente à prendre un arrêté de ce type et Michel Tricoche est conscient qu’il peut être retoqué par la préfecture. « D’autres maires l’ont fait dans d’autres départements. Mon souci est de préserver la santé. Et même si la préfecture l’annule, au moins, l’arrêté aura permis de mettre le problème sur la table. Car, c’est une question de bon sens, il faut penser à nos enfants. Avec ces produits, on tue la nature et on finit par tuer l’humain » (1). Tout est dit !
Notes
(1) Propos du maire relevés dans l’article publié le 17 mars dans le quotidien La Charente Libre : http://bit.ly/2mU77u0
Laurent Cougnoux




