Bienvenue en Pays de Loufoqueries !
Ektos, petite entité nébulo-crânienne éprise de liberté, a décidé de partir Hankanpâgne en Korézie Elektorienne. Son slogan Wolinskien en bandouillère (1), le voilà batifolant au gré des cheminous parfumés au lila-papillon, N° 19. Suivons le ….
Voyage en Sirkonskrypcion – 2
Encore tout esbourdissouffié par sa chute et sa rencontre avec Muret et Elekteur (voir LTC 11), Ektos a repris son errance champêtre. Guibolle centrale bien amochée et esprit très agité, il peine à apprécier les milliers de soleils pissenlidesques qui chantent alentours. Heureusement, il aperçoit bientôt, au détour d’un bosquet, en contrebas d’un joli pré fleuri, le miroitement d’une serve. Sauvé ! se dit-il. Je vais pouvoir buller un peu. En 11 pseudo bonds, aussi décousus que cacophoniques, le voilà devant Korélektoral, la serve. Yeux, narines et oreilles écarquillés, Ektos découvre avec surprise une drôle de bizarrerie bizarroïde. Quelle étrangeté, en effet. La surface est mouvante ! Par intermittence, elle présente plusieurs scènes, un peu comme au théâtre. Il y a d’abord l’eau fraîche et limpide qui s’écoule du bassin pour alimenter des rigoles d’irrigation courant dans la prairie. Puis, on voit des museaux de bêtes qui s’y abreuvent. Ensuite, des lavandières battant le linge. Acte I, scène 4, le chanvre s’y fait rouir. Puis, des pompiers viennent même y puiser l’eau salvatrice ! En final, les grenouilles scintillent de joie et les étoiles coassent de bonheur. Ça pétouille gaiement à tout va, avec foisonnement d’effluves bucoliques et colorées à la clé. Bref, un vrai réceptacle de poésie. Malheureusement, comme si tout à coup l’eau noire et toxique du Styx alimentait la serve, ce tableau se dissout. Voilà qu’il fait moche. Les oiseaux pleuvent et le soleil ne roucoule plus. Le vivier à poissons se transforme en panier des crabes et le pestacle devient un mauvais numéro de cirque. Les lenticules prolifèrent et l’eutrophisation commence. Une boue immonde menace d’étouffer la mare. Une armée de crapauds, serfs embrigadés serviles à souhait, coasse bêtement tandis le piège de fange se resserre. Une odeur méphitique se dégage des abords. Des bulles pestilentielles remontent du fond devenu vaseux et explosent à la surface. Des gaz putrides empoisonnent l’air.
Voilà notre Ektos totalement stupéfait. Tel Narcisse penché sur l’onde, il regarde, captivé, le reflet de Korélektoral, dont il fait lui-même partie. Son regard se noie dans ce miroir aux alouettes métamorphosé en mare au diable. Il entend Echo, la nymphe des forêts, qui répète inlassablement « Hélas ! ». Sa propre voix devenue blanche, il craint d’avoir été frappé par le sort, qui selon le récit mythologique, était réservé au dieu qui se parjurait : « Il perdait la voix et le souffle pendant une Grande Année, soit 9 ans, et se faisait bannir du conseil des dieux pour 9 autres ». Alors, quoi ? Que s’est il passé ? Est-ce parce qu’il fut hypnotisé par le spectacle ? Endormi par les gargouillements et borborygmes ? Asphyxié par la puanteur ? A moins que ce ne soit le désespèrationnement ? Toujours est il que Plouf, Pataplouf …Ektos, vient de basculer cul par dessus tête, dans l’eau ! Bloups … Bloupps … Blouuuuuuuppss ….
(1) « La campagne, c’est bien pour penser à rien »




