Le FN à la maison
Entre deux vitupérations légèrement teintées de xénophobie, « on est chez nous ! » semble remplacer « liberté, égalité, fraternité » aux frontons des meeting du Front National (FN).
Je reçois Agnès Tarraso, secrétaire départementale du FN Corrèze, dans les locaux de La Trousse corrézienne. Elle se présente sur la circonscription de Tulle lors des prochaines législatives. On est chez nous et c’est plus confortable !
L’objectif de cette rencontre n’est pas de parler du programme de Marine Le Pen. Nous le connaissons. Je veux me servir de cet entretien pour de démarrer une enquête plus large sur « l’extrême droite en Corrèze », ce qui ne tardera pas à faire réagir Agnès Tarraso : « Le Front National n’est pas d’extrême droite ». Nouvelle rhétorique « magique » qui définirait, selon eux, de nouveaux contours au parti de l’infortuné (sic) Jean-Marie Le Pen : « économiquement de droite, socialement de gauche ! ». Les enfants du Vel d’hiv’ apprécieront la déclaration « socialement de gauche » de Madame Le Pen…
le fait divers comme pensée politique
Il est difficile de recentrer la discussion sur la Corrèze ou sur sa posture « départementale ». La secrétaire ne sort pas de la ligne de la fille du père (!) ne pouvant, peut-être pas, alimenter elle-même la discussion avec ses propres arguments. Une sorte de Fabrice Luccini du pauvre, dont les soliloques verbeux ne reflètent que la pensée d’autrui et en permanence… Ou quand elle le fait, elle déroule ses d’arguties en s’appuyant uniquement sur des faits divers.
Elle est sympa Agnès, en apparence, mais elle se débine derrière le programme de Marine Le Pen à chaque fois que je veux questionner son « humanité ». Et quand elle s’écarte de l’anti-sèche « nationale », c’est pour me parler de cette femme qui portait une burka dans la gare de Limoges – et que c’est pas bien -, ou comment cette autre femme (tête nue et gentille, elle ! ) a peur de se faire violer par des migrants à Saint-Priest-de-Gimmel ou encore cette vielle dame (retraitée donc) qui vit avec rien (ben oui, on donne tout aux étrangers) et ça, ça la touche Agnès. Sauf que ça me semble un peu léger de construire sa pensée politique uniquement en « écrasant des chiens »…
Une heure et demie d’entretien duquel je ne peux pas ressortir une pensée réellement intime qui m’expliquerait les prémices de la « déshumanisation » de la pensée (si ce n’est, au mieux, la confirmation d’une aura de la blonde de Montretout.)
Allez, promis, Je recontacte Agnès Tarraso et j’approfondis la question… En jouant à l’extérieur cette fois.




