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La Trousse Corrézienne

Local, LTC 12 · 28 avril 2017

Nouvelle-Aquitaine ? Yes Sir !

Nouvelle-Aquitaine ? Yes Sir ! : l’illustration

Les limites de la nouvelle supra région ressemblent aux limites de l’Aquitaine du XIIème siècle, alors anglaise. De plus, son emblème est une tête de lion, référence au roi anglais Richard. Retour sur cette histoire médiévale, « so british », qui aura marqué la Corrèze.

L’Aquitaine fut anglaise pendant 300 ans, entre 1152 et 1453. Tout a commencé avec Aliénor, duchesse d’Aquitaine, qui s’est mariée au roi d’Angleterre Henri II de Plantagenêt. Puis, tout s’est terminé avec la fin de la guerre de cent ans qui a permis à la France de récupérer les comtés du sud-ouest. Au XIIème siècle, l’Aquitaine, comme depuis peu, comprenait le Limousin et le Poitou, mais aussi le nord de l’Auvergne. Comment, alors, cette histoire anglaise a-t-elle démarré en Bas Limousin (aujourd’hui la Corrèze) ?

Le fine amor

Aliénor, tout d’abord, femme de lettres, a donné une grande place aux poètes à sa cours de Poitiers. C’est elle qui a rendu célèbre Bernart de Ventadour, inventeur des chansons d’amour courtois – « oui je vous aime mais non je ne peux pas, la vie est si cruelle ! » – à la mode pendant une grande partie du Moyen Âge (et des années 1990 avec Les feux de l’amour !). C’est que Bernart, fils d’un soldat et d’une boulangère, avant d’être l’aimant d’Aliénor, s’était amusé à séduire Marguerite de Turenne, épouse du seigneur de Ventadour Elbès III. Il fut alors chassé du château de Ventadour, où il était un troubadour estimé, et trouva refuge à la cour de Poitiers.

Joyeux bazar dans la famille royale

Bernart fut ensuite délaissé par Aliénor quand elle se maria avec le roi d’Angleterre, mais sa renommée était déjà faite. De ce mariage entre Henri II et Aliénor, naquit en 1157, à Oxford, un fils prénommé Richard. Dans sa jeunesse, lui aussi s’essaiera à la poésie, afin de draguer ni plus ni moins que sa demi-sœur, Marie de Champagne. À la suite de sa mère, il deviendra duc d’Aquitaine et passera toute sa vie à faire la guerre sur son duché. Tantôt contre son père qui lui faisait de l’ombre en Aquitaine et qui a emprisonné sa mère pendant dix ans (de 1174 à 1184). Tantôt contre les comtes rebelles à l’occupant anglais (les comtes de Turenne et de Ventadour entre autres). Donc, si Richard était Cœur de Lion (surnommé ainsi à cause de son esprit belliqueux), il avait surtout un cœur en balance. Entre Angleterre et Aquitaine, difficile pour lui de choisir.

Et dans nos campagnes

Pour ses nombreuses guerres, entre 1173 et 1198, Richard employait des mercenaires, des basques surtout, qui ont fait le désastre des campagnes limousines. Car même lorsque les guerres étaient terminées, les mercenaires, qui ne savaient plus quoi faire, pillaient les villages isolés et violaient les femmes. Il fallait bien arrondir les fins de mois. Un temps, ces hommes s’établirent à Malemort et c’est peut-être là l’origine du nom de la ville qui signifie « mauvaise mort » et qui peut désigner là un passage dangereux.

Et dans les échanges internationaux

En 1189, Henri II de Plantagenêt meurt et c’est donc Richard qui remplace son père sur le trône d’Angleterre. C’est alors qu’il introduit, si ce n’était fait, dans la langue anglaise plusieurs termes occitans tel que « amorous », « bacon » ; « cap », « cape », « castle » et « boutique ». C’est que Richard ne parle pas anglais. L’année suivante, il part avec le roi de France, Philippe Auguste, ainsi que les seigneurs de Turenne et de Cosnac en croisade pour reprendre Jérusalem. À son retour et pour remercier la divine providence d’en être revenu entier, il finance la restauration de l’abbaye d’Aubazine.

Pour finir, le roi Richard meurt en 1199, au château de Châlus-Chabrol, non loin de chez nous, touché par une flèche d’arbalète et dans une guerre qui l’opposa au roi de France.

Aujourd’hui, une route appelée la Route Richard Cœur de Lion traverse les départements de la Corrèze, de de la Haute-Vienne et de la Charente, de Pompadour à Rochebrune. Elle relie différents châteaux médiévaux qui ont été au cœur des campagnes de guerre aquitaines du roi d’Angleterre.

Ainsi donc, chers amis anglais, qui êtes si nombreux à ce jour dans notre région, puisque la Nouvelle-Aquitaine arbore le lion de votre roi jadis, vous pouvez donc vous permettre de réclamer sa gouvernance. You’re welcome !

Sources :

Claude Gauvard, « La France au Moyen-Âge, du Ve au XVème siècle », éd. PUF, 2013

Marguerite-Marie Ippolito, « Richard Cœur de Lion et le Limousin », éd. L’Harmattan, 1999

Alain Londeix, « La Route Richard Cœur de Lion veut monter en flèche » in Pays du Limousin n°65, 2013

Bernard Pousthomis, Christian Remy, Laurent d’Agostino, Luc de Goustine, « Ventadour en Limousin, un château au pays des troubadours », éd. Culture et Patrimoine en Limousin, 2014

Alain Rey, « Dictionnaire historique de la langue française », éd. Le Robert, 2012

Marcel Villoutreix, « Noms de lieux de la Corrèze », éd. Association des Antiquités Historiques du Limousin, 1992.

Peaux de bananes dans la course aux signatures

Par Blanche Neige

Vous me direz que revenir sur les parrainages1 aux lendemains du premier tour de la Présidentielle, c’est du réchauffé. J’en conviens. Mais les règles algorithmiques de la Trousse ne cèdent ni au racolage, ni à l’instantanéité, ni à l’affectation.

Donc, au moment de la rédaction de cet article, le Conseil Constitutionnel vient de publier les fameux parrainages accordés par nos représentants au sein des institutions républicaines. Pour la Corrèze, ils sont au nombre de 95. Savez-vous quel fut le candidat à la candidature qui a en collecté le plus : Macron ? Fillon ? Non. Hamon ? Mélenchon ? Vous n’y êtes pas : c’est Juppé. 25% des « présentations » ! Pas contents après Fillon les Nougein et Chasseing (sénateurs), les Peyret, Deldouli, Leygnac, Queyrel-Peyramaure et Delpech (conseillers départementaux), tout colère les maires de droite comme Laporte, Cayre ou Jérettie. Eux et d’autres ont soutenu Juppé par dépit ou par défit ! En Corrèze, Fillon n’a reçu que 15 parrainages contre 22 pour Juppé. Pas mal pour un non candidat ! Chez les élus « les Républicains » a soufflé un petit vent d’insurrection qui a agité un temps les casseroles de Fillon !

Et à gauche, si le terme signifie encore quelque chose chez les élus qui se réclament du socialisme ? Nombre d’élus PS, sans complexe, se sont détournés du candidat désigné par leur primaire ; ils ont choisi d’associer leurs parrainages à ceux d’élus de droite pour renforcer la candidature d’un franc tireur issu de leurs rangs (3 petites années, jusqu’à son entrée à la banque Rothschild), j’ai nommé Macron. Voilà des maires qui ne pourront se prévaloir de leur loyauté envers leur famille politique : Collignon (Chanac les Mines), Lascaux (Allassac) ou encore Martinie (Chamboulive) parmi d’autres. Vous avez participé à la primaire de « la belle alliance populaire » (sic), vous vous êtes proprement fait entuber par ces élus ! Pour d’autres, quand on a un rang à tenir, on respecte la discipline partisane : Nauche et Ballay (députés), Cavitte et Lenoir (conseillers régionaux) ont sagement donné leur soutien à Hamon. Quant à Combes, Oups ! Il aurait par mégarde inversé nom et prénom de son « filleul ». Résultat, son parrainage pour Hamon n’a pu être validé.

En Corrèze, Lassalle, l’original et incorruptible défenseur de la ruralité, qui n’a pas hésité à entreprendre une grève de la faim sous les ors de la République, puis, plus récemment, à réaliser un tour de France à pied pour rencontrer les vrais gens, a recueilli des signatures auprès de quelques maires ruraux qui se retrouvent dans les propos rocailleux du Béarnais. Pour d’autres raisons, d’autres maires ont permis à Poutou de figurer parmi les onze (un clin d’œil à Boinet, le sympathique maire de Rosiers d’Egletons). Une mention spéciale, pour l’originalité de son choix, revient à Poincheval, le maire de Sarran (ça vous parle ?) qui s’est prononcé en faveur de… l’écrivain Alexandre Jardin, auteur du « Zèbre », prix Fémina en son temps.

Note de bas de page 1 Le terme officiel du parrainage, fameux sésame si on en recueille 500 pour être en lice dans la course vers l’Elysée, est « présentation »

Florian Rochet

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