
La diffusion du virus de la grippe aviaire ne cesse de s’accroître en France, faisant des millions de victimes dans les rangs des palmipèdes et, très logiquement, parmi les paysans producteurs qui subissent ces épisodes à répétition (2006, 2007, 2015, 2016 et 2017). La Confédération paysanne dénonce depuis longtemps l’industrialisation de la production, directement responsable selon elle de ces catastrophes sanitaires, dont les petits paysans font les frais.
Deux événements récents semblent démontrer que cette catastrophe est telle que l’État n’ait d’autres solutions que d’envisager un changement profond de notre modèle de production. Le premier concerne l’ouverture d’une enquête préliminaire pour « tromperie aggravée » par le parquet de Paris, le 12 février dernier, afin « de faire la lumière sur les sources de propagation du virus H5N8 fin 2016 ».
Dans un communiqué daté du même jour (1), la Conf se félicite de cette décision « qui va dans le sens de ce que nous affirmons depuis des mois : le système industriel, ultra-segmenté, est largement en cause dans cette crise. L’industrialisation accrue de la filière dans une fuite en avant permanente conduit en ce moment à l’abattage de millions de palmipèdes et met en danger des centaines de paysannes et paysans. S’il ne fait aucun doute que les industriels s’en relèveront, ce ne pourra pas être le cas des éleveurs… Par ailleurs, l’ouverture de cette enquête apporte un nouvel argument à notre demande d’épargner cette mesure dramatique aux élevages autarciques. Ils ne sont pas à l’origine de la propagation du virus. De même, la Confédération paysanne demande la levée du confinement sur l’ensemble du territoire et l’adaptation des mesures de biosécurité aux élevages fermiers ».
Le second concerne la déclaration de Stéphane Le Foll, le 14 février dernier au micro de France Inter (2), qui affirme que la France doit revoir l’organisation de sa filière : « On a un problème de biosécurité à l’échelle de la filière avec le transport et les mouvements d’animaux, il y a des choses qui se sont passées qui n’auraient pas dû se passer. Dans l’organisation de cette filière (naisseur, prégaveur, gaveur) et puis le transport des animaux à l’abattoir, ça multiplie les transports, ça multiplie les échanges, et ça multiplie les risques de diffusion du virus. Si on applique des règles de biocontrôle avec un modèle de production inchangé, cela ne servira à rien. Cela nécessitera du temps, pour voir comment réorganiser cette filière qui s’est mise en place depuis 30 à 40 ans, et un contrat avec le gouvernement pour voir comment on met tout cela en place ».
Si l’influence des lobbies financiers et agro-industriels (FNSEA en tête), n’avait tant d’importance dans les décisions prises par nos gouvernements successifs, nous pourrions nourrir le petit espoir de voir changer les choses. Mais malheureusement, ce n’est pas gagné…
Notes
(1) En ligne sur le site du LEA : http://bit.ly/2khd2ft (2) Lire à ce sujet l’article publié sur le site de France info : http://bit.ly/2kS3whK
ainsi que sur le site de La France Agricole : http://bit.ly/2lPSDul
Bluboux





