
Salut les keupines. J’avoue que j’étais un peu à sec de sujets « culottés » pour ce dernier numéro (et une culotte sèche n’est jamais bon signe, rappelons-le : cf sécheresse vaginale, LTC n°4) ; quand un soir de grand froid, sortant d’une gargotte quelconque, dans un élan post-apéro, à l’heure où les langues se délient un peu, un copain m’a suggéré de parler des femmes fontaines.
La fébrilité dont il fit preuve à l’annonce de ces deux mots et les étincelles perçues dans son regard m’ont définitivement déterminée à en savoir plus.
Topo
Mâ qu’est-ce que ça veut dire exactement, être une femme « fontaine » ?
C’est tout simplement l’évacuation en quantité importante d’un liquide qui sort du vagin au moment de l’orgasme. On trouve dans de nombreux écrits le terme d’éjaculation féminine. Pendant longtemps, cette « particularité » est restée tabou, puisque les femmes concernées et leurs partenaires prenaient ce liquide pour de l’urine. Aujourd’hui on sait que ce n’est pas le cas, et la désacralisation du phénomène est en marche ; mieux, les femmes fontaines intriguent et deviennent sources de fantasmes, puisqu’elles restent une minorité.
Une minorité… vraiment ?
Difficile à quantifier… surtout si l’on considère que nous sommes toutes potentiellement fontaines en puissance, les meufs ! Les femmes fontaines sont constituées exactement comme les autres ; et puis il n’y a pas de règles : on peut éjaculer comme ça, une fois par hasard, quand ça sera systématique chez d’autres.
Visiblement beaucoup de sexologues s’accordent à dire qu’il faudrait stimuler notre « prostate », appelée éponge urétrale, sorte de tube autour de notre urètre. On peut la stimuler par la paroi supérieure du vagin ou encore l’entrée de l’urètre. Aux Etats-Unis, plus particulièrement en Californie, des groupes de femmes s’organisent autour d’une animatrice sensée leur montrer les bons exercices pratiques pour devenir femme fontaine !
Mais bon, il n’y a pas de bouton magique, c’est aussi une histoire de stimulations combinées, de partenaire, et surtout de lâcher-prise.
Des fontaines antiques…
Ce phénomène est resté tellement longtemps sous silence qu’on pourrait penser qu’il est récent. Or on en trouve des traces dans de très anciens écrits ; la sociologue Janine Mossuz-Lavau explique dans son livre La vie sexuelle en France(1) que « leur rareté en a fait des déesses dans des civilisations antiques, ou des monstres dans notre culture. On leur a attribué des pouvoirs magiques, ou de sorcellerie. » Ben tiens, vous n’êtes pas étonnées, moi non plus ; on sait bien que l’Eglise avait un peu de mal à considérer le plaisir féminin, puis qu’inutile dans l’acte de procréation.
… aux fontaines en toc
Aujourd’hui, même si on en parle plus librement, le concept d’éjaculation féminine continue de faire flipper de nombreux mecs qui ne se sentent pas à l’aise avec le fait que cette capacité ne soit plus exclusivement masculine. Certains sont troublés et le vivent mal, quand d’autres au contraire vivent l’éjaculation de leur partenaire comme une récompense. En tout cas, ça réveille clairement les fantasmes de beaucoup d’entre eux : même l’industrie du porno (faite par et pour des hommes à 98 %, rappelons-le) s’en est emparée en simulant des éjaculations féminines à grands coups de trucages et jeisers en tous genres… la grande classe.
En tout cas, si une chose est à retenir, c’est qu’il faut chasser la honte à grands coups de pieds dans le derch : femmes fontaines, quelle générosité ! Assumez-le avec joie les filles, faites fi une bonne fois pour toutes du con dira-t-on.
(1) publié au Seuil.
Sousou






