Bienvenue en Pays de Loufoqueries !
Oyez ! Oyez ! Ektos, petite entité nébulo-crânienne éprise de liberté, a décidé de partir Hankapâgne en Korézie Elektorienne. Son slogan Wolinskien en bandouillère (1), le voilà batifolant au gré des cheminous encore un peu givré(s). Suivons le ….
Voyage en Sirkonskrypcion – 1
Il fait beau. Les oiseaux brillent et le soleil chante. Ektos a pris ce matin le sentier parfumé à la coccinelle qui court sous les châtaigniers. Il galope comme un va-nu-pied sur ces 3 pattes de devant, lorsque tout à coup, patatra ! Roulé-boulé sur les cailloux et trompe en berne sur la sente. Aïe-Aïe-Aïe ! La balade commence bien ! Se redressant « illico.org » (car il est à la page de la Trousse !), des bosses en veux-tu, en voilà, il entend une sorte de gloussement rigolatesque, venu de la gauche-droite. « Diable de Dahut ! » se dit-il ! « Koiteske ? »
Un muret de pierres sèches, tout bosselé comme lui et coiffé de champignons lichénisés d’un goût douteux (probablement venus du Cambrien), le regarde droit dans l’oeil du milieu et lui mur-mur : « Grand bien te fasse, l’Ami ! Ça fait longtemps qu’ j’ n’ai vu spectacle de cascades aussi réjouissant. Rares sont ceux qui s’aventurent dans l’coin. » Ektos, encore tout étourdi, se laisse glisser contre les pierres rondes et grises de l’animal géologique qui lui parle. Tout pétrifié qu’il est, le muret des bois semble se réveiller d’un long sommeil, et le voilà soliloquant sur son passé glorieux et son destin tragique :
« Ah, si t’avais vu mon allure jadis ! De la semelle au couronnement, en passant par la fourrure et les boutisses, aucun liant ! Et costaud avec ça ! J’te dis pas toute la terre que j’soutenais. Maintenant, j’dégringole. Doucement mais sûrement. Comme i’me paraît loin l’temps où j’regardais passer les vaches espiègles, les gamins buissonniers en sabots. J’en ai entendu, crois moi, des histoires, des racontars. Parfois, des mots d’amour aussi. Y’a ben 50 ans, j’ai perdu mon copain d’en face. Parait qu’ les tracteurs pouvaient pas passer dans l’chemin à cause de nous ! On étaient trop proches, qu’i disaient. Alors, un jour de grand malheur, on a vu surgir une grosse bête métallique, monstrueuse, qui dans un bruit d’enfer a éventré mon compagnon, l’a réduit en miettes de cailloux et l’a transporté que j’ sais même pas où. Le drame de ma vie.Tout s’est écroulé. Heureusement, i’me reste mes locataires ! Venus d’un peu partout, avec des louks et des zusécoutumes parfois très bizarres. J’ai une famille de punaises qui refoulent grave de la carapace, des escargots hermaphrodites qui bavent partout, des abeilles architectes qui bourdonnent sans cesse et même un mulot accro au PC ! Les plus endiablés ce sont les jeunes ! Y’a une bande de joyeux lézards qui adorent jouer à cache-cache dans mes interstices. J’ te dis pas c’que je rigole. Ca m’chatouille sec. Ah quelle faune mon ami ! Quelle faune ! Et quelle chance aussi. Grâce à eux, je vis. Oui, ce « Melting pot » vois tu, me garde vivant ! Sans eux, je … »
…. SSSSSSSSSS …… Un souffle, un sifflement sournois s’amplifie.
« Mais quels sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » déclame alors Ektos, s’andromakaïsant à la façon d’Oreste. Une drôle de bestiole s’avance. C’est un Elekteur perdu. Il ne semble pas avoir toute sa tête. Il tourne, vrille sur lui-même, se bouche les oreilles, plonge la tête dans un seau de purin malodorant, qu’il tient à bout de bras. Soudain, hypnotisé par les sirènes raciniennes, menteuses et anxiogènes, d’un certain collectif, il cède à l’hystérie haineuse et se met à vociférer à son tour. Ivre de rage et de propos meurtriers, aveuglé, d’imbécillités, il s’élance en quête d’urnes assassines.
« Attention ! » crie Ektos. « Réveille toi ! Tu fonces droit dans … l’ mur ! »
(1) « La campagne, c’est bien pour penser à rien »




