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La Trousse Corrézienne

Local, LTC 8 · 1 septembre 2016

Transports dans l’Agglo de Brive : une offre sous-utilisée

Les transports de l’Agglo de Brive

Avec pas moins de onze lignes de bus, une navette gratuite et un service de transport à la demande, l’Agglo de Brive affiche une offre de transports urbains étoffée. Pourtant, l’INSEE, pourvoyeur national de statistiques, nous livrait cet été sa vérité implacable : en 2013, sur 250 villes métropolitaines de plus de 30 000 habitants, Brive figurait au 244e rang dans l’utilisation des transports en commun pour se rendre sur le lieu de travail. Tout ça au profit de la voiture.

Exploité par la société Transdev Brive depuis sa création en 2010, le réseau de transports urbains Libéo totalise près de 2,3 millions de voyages par an sur Brive et ses alentours (soit une moyenne de 6 300 voyages quotidiens)1http://www.libeo-brive.fr/presentation/?rub_code=37&thm_id=66&gpl_id=. En parallèle, l’INSEE nous apprend qu’en 2013, seuls 4% de Brivistes2Soit 678 actifs occupés de plus de 15 ans sur un total de 17 142 pour la commune de Brive-la-Gaillarde. utilisent les transports en commun pour se rendre au travail, alors que 71% d’entre eux travaillent dans la commune de résidence. Une proportion inférieure à la plupart des communes de même taille3Pour exemple : 7,1% de Bayonnais et 9% de Briochains (Saint-Brieuc) utilisent les transports en commun pour se rendre au travail., le tout au profit de la voiture, utilisée à près de 76%. Surprenant au vu de l’offre de transports en commun et de la topographie locale.

http://www.libeo-brive.fr/presentation/?rub_code=37&thm_id=66&gpl_id=

Soit 678 actifs occupés de plus de 15 ans sur un total de 17 142 pour la commune de Brive-la-Gaillarde.

Pour exemple : 7,1% de Bayonnais et 9% de Briochains (Saint-Brieuc) utilisent les transports en commun pour se rendre au travail.

Une question de mentalités

Ancien adjoint délégué à la circulation et aux transports de la ville de Tulle, Philippe Bernis évoquait, au début des années 2010, une utilisation des transports en commun « pas encore ancrée dans les mentalités locales ». Serait-ce le cas à Brive ?

Le prix des transports ne semble pas être en cause. Sept euros le carnet de dix tickets, des abonnements abordables4240 € l’année pour un adulte de plus de 25 ans ne bénéficiant d’aucune réduction., adaptés à l’âge et aux revenus des usagers, ainsi qu’une navette gratuite. Plutôt intéressant comparé à une voiture.

240 € l’année pour un adulte de plus de 25 ans ne bénéficiant d’aucune réduction.

Les dessertes ? Si certaines parties du territoire sont bien desservies comme le centre et les zones est et ouest avec des bus toutes les vingt-cinq minutes, d’autres sont moins bien loties : peu de passages quotidiens voire pas du tout. Ainsi, Lucienne, habitante du quartier Rollinat, ne prend plus le bus depuis que les horaires ont été modifiées, il y a quelques années : « Nous étions peu nombreux. Du coup, des passages ont été supprimés, mais ce n’est pas pratique. Ça fait que je ne prends plus le bus. » Un cercle vicieux loin d’être mis à mal par le service de transports à la demande, pas encore entré dans les mœurs.

Face à cette fréquentation timide des transports urbains brivistes, certaines voix s’élèvent contre la taille disproportionnée des bus. Pour Pierre, usager Libéo, « des bus plus petits seraient le plus souvent mieux adaptés. Et certainement plus économiques et moins polluants ! ». Un peu comme la navette gratuite reliant les Trois Provinces à la gare, via le centre-ville.

D’autres voient la solution dans une politique des transports audacieuse valorisant les transports en commun, le vélo ou encore la marche à pied. Clément, étudiant strasbourgeois de passage à Brive l’affirme : « pour changer les mentalités, il faut limiter drastiquement la circulation automobile. Et pas seulement en centre-ville. Mais ça ne peut venir que d’une volonté politique ». Si nombre de villes ont piétonisé leur centre-ville ou mis des systèmes d’accès limité pour faire face à l’engorgement de leur centre, l’Agglo de Brive reste timide en la matière ; et ce malgré un Plan de déplacements urbains (PDU) ambitieux5Les grand axes du PDU sur : http://www.agglodebrive.fr/les-competences/transports/pdu/, axé sur le développement de l’utilisation des transports en commun et des transports autonomes peu polluants.

Les grand axes du PDU sur : http://www.agglodebrive.fr/les-competences/transports/pdu/

Et le vélo dans tout ça ?

Ces dernières années, l’utilisation du vélo semble prendre de l’ampleur, malgré des installations cyclables très limitées et pas toujours adaptées. De plus en plus nombreux sont ceux qui arpentent le plat pays briviste d’est en ouest, ou s’attaquent aux coteaux nord et sud. Ils n’ont pas attendu d’intervention politique pour s’y mettre, à l’instar de Julie, 34 ans, qui résume sa démarche par la phrase de Ghandi : « Sois le changement que tu veux voir dans le monde. » Et quand on lui demande si ça ne la gène pas de rouler au milieu de la circulation automobile, elle répond : « c’est sûr que c’est pas le top, surtout avec les enfants. Mais on apprend aussi la prudence, on évite au maximum les axes les plus fréquentés. Et puis ça vide la tête de pédaler après une journée de boulot. »

Une chose est sûre : le développement des modes alternatifs de déplacement, moins polluants dans une ville frappée par des pics d’ozone estivaux, passera nécessairement par une diminution de l’utilisation de la voiture. En attendant une politique des transports qui se donne les moyens de ses ambitions : à nos bus ! À nos vélo ! À nos trottinettes ! A nos pieds !

Hilmar Braken

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