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La Trousse Corrézienne

En bref, LTC 8 · 1 septembre 2016

Enfin bref…

Le musée Uréka, à Bessines-sur-Gartempe

Atomes crochus

Certes, ce n’est pas la Corrèze, mais à l’échelle de l’Uranium, à moins d’une heure plus au nord, c’est du local. De 1948 à 1995, Bessines-sur-Gartempe est connue pour l’extraction d’uranium. Aujourd’hui, elle est lieu de stockage de la matière appauvrie, surtout depuis mai 2010 quand AREVA cesse ses envois en Russie. Mais curieusement, cette gestion très locale des déchets ne fait pas l’unanimité. AREVA est accusée de ne pas respecter les règles de sécurité. Elle a alors l’idée du siècle : Uréka, un musée à la gloire des héros de l’extraction. Une initiative ludique et pédagogique pour montrer les bienfaits du nucléaire. Le lieu est ouvert en juillet 2014. Mais le démarrage ne semble pas atomique. 2016, changement de braquet : l’accès devient réservé aux groupes et la fermeture annuelle se fait en août ! Visiblement, l’engouement pour l’atome n’atomise pas les prévisions. C’était pourtant une sacrée bonne idée, ce musée privé, pour redonner du lustre à une entreprise qui ne sait plus comment nous polluer…

Une petite commune…

mais un grand pas pour l’humanité et notre environnement. Le petit bourg de Beaumont en Corrèze a fait construire par Le battement d’ailes des toilettes à Litière Bio-maîtrisée pour les villageois et les randonneurs qui arpentent cette belle contrée. La cabine et son trône en bois dominent le petit vallon boisé. La construction trouve sa place dans un petit bâti existant qui abrite déjà une table de pique-nique. La démarche de la commune est peu commune. C’est en lisant le dossier sur les toilettes sèches de La trousse corrézienne N° 5 qu’un élu a la puce à l’oreille. La solution est rapidement adoptée par le conseil. Une quinzaine de volontaires suivent une petite formation pour la gestion hebdomadaire. En dehors de la secrétaire de mairie, il n’y a pas d’employés municipaux : la corvée du seau sera donc tournante. Des composteurs spécifiques ont été mis en place. Les toilettes de Beaumont n’attendent plus que vous.

Le refrain de l’ignorant

« Oh moi tu sais, les ordinateurs, j’y comprends rien. Tout ça, c’est trop compliqué pour moi ! »

Combien de fois a-t-on prononcé ou entendu cette phrase au détour d’une banale discussion ? J’ai arrêté de compter pour ma part. Quand il s’agit de technologies numériques (téléphone, tablettes, imprimantes, ordinateurs, etc), on a souvent tendance à botter en touche dès qu’une panne se présente.

Et pourtant, entre faire marcher un ordinateur et faire pousser des légumes, la différence n’est pas si grande. C’est un savoir qui s’acquiert, au fil du temps. On ne naît pas avec la science infuse, que ça [ je propose « ce »] soit pour faire marcher une imprimante, pour réparer une voiture ou tricoter une écharpe.

Derrière nos réactions face à ces objets et face à la technique, se cachent sans doute des biais de toutes sortes. La classe sociale, le genre, l’âge, etc… sont autant de paramètres qui font que lorsqu’il s’agit d’informatique ou d’une quelconque technologie étiquetée comme « moderne », on se sent et se présente comme étant d’éternels incompétents.

Plusieurs problèmes se dessinent autour de ce phénomène. On peut commencer par citer le manque de diversité dans les milieux informatiques. Consciemment ou pas, les technologies numériques se retrouvent [ je propose : « sont »] la chasse gardée de jeunes mâles blancs. Mais si, vous savez, le petit cousin Jean Kevin qui répare votre Windows quand vous avez des virus ? Si l’on regarde la proportion de femmes dans les études supérieures en informatique, c’est catastrophique alors qu’il y avait parité il y a encore une dizaine d’années.

Il y a également une question écologique. Combien d’ordinateurs sont partis à la poubelle car considérés comme « trop vieux » et ne fonctionnant plus avec le dernier Windows ? Dans 90% des cas, ce matériel est encore utilisable pendant des années, moyennant un coup d’aspirateur dedans et une réinstallation du système d’exploitation. Sans pour autant en programmer l’obsolescence, les constructeurs de matériels et les vendeurs de logiciels ne vont certainement pas vous aider à maintenir en vie votre ordinateur le plus longtemps possible. C’est pourtant ce que l’on devrait faire si on prenait en compte l’impact écologique d’un renouvellement aussi fréquent.

Un autre problème inquiétant est la perte de contrôle sur nos vies que cela renforce. Aujourd’hui, le numérique est partout. Internet relie une bonne partie de l’humanité et permet de simplifier notre vie au quotidien. Mais à quel prix ? Si seule une poignée de personnes sait comment tout cela fonctionne et est en mesure d’en contrôler [je propose : « maîtriser »] le fonctionnement, la question du contrôle des objets qui nous entourent n’est plus anodine. Ça n’est pas une simple question de pouvoir dépanner son voisin comme on l’aiderait à faire sa vidange. Ça devient plus crucial quand il s’agit de la confidentialité de notre courrier, ou des élections facilement truquées avec le vote électronique.

En fin de compte, la question n’est pas que tout le monde devienne une pointure mais simplement de se débarrasser d’un conditionnement social qui nous maintient dans une position de dominé quand il s’agit des technologies numériques. Il est indispensable que ce soit l’humain qui contrôle la machine, pas l’inverse.

Les toilettes sèches de Beaumont

Du papier, des crayons, pas de pubards.

Le papier, c'est encore mieux.

C'est bien de nous lire sur ton mobile. Mais la Trousse papier, c'est autre chose : 5 numéros par an, écrits et dessinés en Corrèze, postés chez toi.

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