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La Trousse Corrézienne

LTC 7, Société · 1 juillet 2016

Socialisme : quelle place pour l’État et les institutions publiques ?

Socialisme : quelle place pour l’État ?

Est-il désuet aujourd’hui de parler de socialisme ? Au regard de la politique gouvernementale menée aujourd’hui en France, l’on voit bien que le qualificatif de « socialiste » n’a plus lieu d’être pour le parti au gouvernement qui suit une ligne entièrement libérale.

Socialisme versus libéralisme économique : la question de la protection sociale

On associe souvent le socialisme à la présence d’un Etat fort, protecteur, lequel serait plus en retrait dans un système libéral. L’attaque faite au Code du travail par la loi Travail s’intègre complètement dans cette pente libérale. Quelle position adopter face à cette opposition binaire récurrente entre les libéraux qui revendiquent toujours plus de flexibilité dans les contrats entre employeurs et employés et un socialisme quasiment mort pour lequel le rôle de l’Etat est abaissé au rang de palliatif pour les personnes qui subissent la précarité ou qui se retrouvent dans des situations sociales compliquées ?

Face aux économistes libéraux actuels que l’on entend fréquemment dans nos différents médias, l’on ne peut que prendre le parti d’une protection sociale pour tous, fondée sur la solidarité et l’égalité. Mais, il ne faut pas tomber dans le piège des arguments libéraux communs et galvaudés, puisqu’à l’origine de cette protection sociale dans l’histoire française, le projet du Conseil National de la Résistance était de créer des caisses collectives d’assurance maladie ou de retraite, indépendantes de l’Etat. Comme on le sait, l’expérience de la Seconde Guerre mondiale ne pouvait mener qu’à se distancier du pouvoir décisionnaire de l’Etat en matière de sécurité sociale. (1)

Mais suffit-il de glorifier ces acquis sociaux, et cette histoire du système de solidarité sociale pour se dire socialiste et faire avancer les droits des citoyens ? L’unique but de conservation des acquis passés ne semble pas suffisant pour faire émerger une politique ou un modèle social réellement tournés vers le présent et l’avenir. L’histoire sociale française constitue des fondements solides et intéressants pour les luttes actuelles mais lorsque ce but de conservation des acquis se constitue seulement en contre-pouvoir au sein du système libéral, l’on aboutit parfois à des compromis plutôt qu’à de réelles victoires.

Par ailleurs, cette forte présence de l’Etat, critiquée par les libéraux, peut également être critiquée sous un autre angle, peu représenté actuellement. C’est même retourner aux origines du socialisme que de mettre en question le pouvoir étatique au sein de la société. C’est une erreur d’associer constamment socialisme et Etat fort, pour ensuite bien souvent tomber dans la caricature de « l’assistanat ».

Des modèles autogestionnaires sont-ils possibles ?

Où en est-on avec l’autogestion qui pourrait permettre au socialisme de se réaliser sous sa forme la plus sociale et non gouvernementale ? En effet, pour Proudhon, la Révolution française de 1848 a été une révolution politique plus que sociale : « La Révolution sociale est sérieusement compromise si elle arrive par la Révolution politique ». C’est pourquoi elle a échoué à rétablir l’égalité au sein du peuple en mettant fin à la monarchie incarnée par Louis-Philippe. Napoléon Bonaparte a installé son Empire à la suite de cette insurrection. La révolution sociale, qui vient d’en bas, et qui permet des associations mutuelles, des modèles autogestionnaires, tente de se réaliser malgré les difficultés. Quelques exemples contemporains en France dans le monde ouvrier et le monde agricole, ont manifesté ces volontés de changer de système en partant de changements d’organisation du travail. Le monde ouvrier a développé ce modèle grâce aux Scop (Société Coopérative Ouvrière de Production), le monde agricole, par le biais de collectifs, de groupements autonomes d’agriculteurs. Mais qu’en est-il de ce type de fonctionnement dans les métiers de service ou dans le fonctionnariat, qui sont directement rattachés aux institutions politiques ? La Banque postale, l’Education Nationale, l’hôpital public, la Sncf, ces services publics, sont là pour subvenir à différents besoins des citoyens et ne semblent pouvoir assurer ce service égalitaire, sans l’Etat. Et, lorsque l’Etat s’absente, il n’y a alors que les entreprises privées pour remporter le pouvoir, notamment en ce qui concerne la Sncf, qui a multiplié les entreprises de sous-traitance, et la Poste qui a été privatisée. L’égalité ne doit-elle être garantie que par l’Etat ? Ne serait-ce pas accorder trop de pouvoir à une structure abstraite qui se déploie à travers de multiples organes décisionnaires déshumanisés? Sortir d’un socialisme gouvernemental, comme le souhaitait Proudhon, serait peut-être possible par une imprégnation progressive des institutions politiques par ces petites révolutions sociales lancées par les individus associés. Il semble en tout cas nécessaire de réunir le social et le politique. Les fins du socialisme peuvent diverger : soit l’on vise l’anéantissement de l’Etat et l’indépendance totale par rapport au gouvernementalisme – c’est l’anarchisme – soit, l’on cherche à transformer le politique par la révolution sociale, alors on se situe certainement plus dans la veine actuelle des changements d’organisation du travail, notamment avec les Sociétés Coopératives d’Intérêt Collectif, reliées au système politique par des subventions publiques et d’autres ressources institutionnelles.

(1) Voir le documentaire de Gilles Perret : La Sociale

La mairie de Caen distribue des larves de coccinelles

Comme chaque année, depuis 33 ans, la ville de Caen met gratuitement à la disposition des habitants des larves de coccinelles, mais aussi des chrysopes distribuées gratuitement jusqu’au début de l’été. Merci à nos abonnés normands pour cette information sur cette belle initiative !

« Elle perfore sa proie pour y injecter sa salive chargée de suc digestif. En un instant, l’adversaire est anéanti ». Voici la dure loi de la sélection naturelle appliquée à la coccinelle et au puceron. L’Agence régionale de l’environnement de Haute-Normandie n’y va pas de main morte pour décrire les bienfaits de ces petits insectes dans un jardin. Normal, car les coccinelles sont plus efficaces que n’importe quel pesticide et beaucoup plus écologiques. Chaque larve de coccinelle dévore jusqu’à 150 pucerons par jour, ce qui fait de ce petit insecte un sacré copain des jardiniers !

Il y a 33 ans, la ville de Caen l’a bien compris et depuis tous les espaces verts municipaux sont protégés des insectes nocifs de cette manière naturelle. Mais la commune ne s’arrête pas là et met gratuitement à la disposition des habitants des larves de coccinelles pour leur jardin et ce sont 1500 personnes qui viennent chaque année chercher les précieuses larves.

Pour en savoir plus

Voir le dossier de l’Agence régionale de l’environnement de Haute-Normandie :

http://www.arehn.asso.fr/dossiers/coccinelle/

Mayotte : la chasse aux étrangers par la population est ouverte

La Cimade lance un cri d’alarme concernant la situation des étrangers dans le 101ème département français. Des Mahorais qui s’organisent en « collectif » pour expulser les étrangers de leur village (avec ou sans papiers), des habitations de familles comoriennes détruites ou brûlées sous l’œil des gendarmes, des pouvoirs publics qui restent muets face à ces violences, un premier adjoint du chef-lieu de l’île qui parle de « guerre de libération », un directeur de publication de l’hebdomadaire de l’île qui demande à envoyer l’armée pour nettoyer les bidonvilles des clandestins…

L’État ne peut pas se contenter d’être un simple observateur de ces violences. Par son silence, il cautionne ces actes délictueux et xénophobes. La logique sécuritaire domine depuis longtemps les discours politiques et médiatiques sur l’île : renforcer le contrôle de la frontière avec les Comores, augmenter les expulsions des étrangers, supprimer le droit du sol… Tant de mesures qui ne pourront pas mettre un terme à des migrations coutumières et incontournables. La Cimade appelle le gouvernement à repenser sa politique mahoraise et à en finir avec le régime dérogatoire du droit des étrangers outre-mer.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de La Cimade à l’adresse suivante : http://bit.ly/1T5pbdv

Les cultures d’OGM reculent

Les cultures d’OGM [je propose : Ces cultures] reculent dans le monde pour la première fois en 20 ans, après avoir connu une croissance régulière.

Après 19 ans de croissance annuelle consécutifs, les surfaces cultivées en OGM dans le monde commencent à reculer, passant à 179,7 millions d’hectares (ha) en 2015 contre 181,5 millions d’ha en 2014, selon le rapport de l’ISAAA (International Service for the Acquisition of Agri-biotech applications).

Aux États-Unis, leader avec 39% du total mondial (70,9 millions d’ha), les surfaces d’OGM ont reculé de 2,2 millions d’ha. Au Canada, 5ème producteur de cultures transgéniques, les surfaces ont reculé de 11,6 millions à 11 millions d’ha (- 5%).

Et une bonne nouvelle en cachant une autre, au début du mois de mai, le Burkina Faso, seul pays d’Afrique de l’Ouest converti à l’agriculture biotech [je propose : transgénique] depuis les années 2000, a totalement renoncé au coton transgénique, constatant qu’il n’était pas rentable.

Pour autant, cette bonne nouvelle est à nuancer. Cinq pays en développement – Brésil (2ème derrière les USA), Argentine (3ème), Inde (4ème), Chine (6ème) et Afrique du Sud (9ème) – ont cultivé près de la moitié (48%) des OGM mondiaux.

Et ne sont pas comptabilisés dans ces chiffres les nouveaux OGM cachés, c’est à dire obtenus autrement que par la transgénèse…

La Mouette

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