
C’est l’histoire d’une envie qui germe dans l’esprit d’une habitante de la commune, par ailleurs brasseuse de bière et élue municipale, et qui rencontre le terreau nécessaire. C’est l’histoire de mouvements dits alternatifs qui s’implantent dans la ruralité. C’est une histoire qui donne de l’espoir.
Un démarrage en fanfare
Depuis longtemps, Stéphanie rêvait de voir s’implanter un « panier » sur sa petite commune de 200 âmes. Elle en parle avec Manue, une autre madrangeoise. Stéphanie connaît bien les producteurs locaux, car elle les côtoie sur les marchés, en saison, auxquels elle participe pour vendre sa bière. De ce côté-ci, pas de problème donc. Et pour impliquer les habitants ? Elles en échangent début février avec Annie et Évelyne, bénévoles à Familles Rurales Madranges, très impliquées dans la vie locale. Et c’est parti ! Mi-février est organisée une réunion de présentation du projet. L’info est diffusée en boîtes aux lettres et dans le journal. Le succès de cette réunion dépasse largement leurs espérances : 70 à 80 personnes sont présentes. À l’issue de la réunion, 46 personnes s’inscrivent pour bénéficier de paniers.
Une organisation simple et efficace
Pour le moment, il est décidé de ne pas créer d’association spécifique, mais de s’appuyer sur Familles Rurales. Un catalogue des produits, par producteur, est élaboré et adressé à tous par mail. Il est actualisé chaque semaine. Les consommateurs ont alors jusqu’au dimanche pour passer leurs commandes auprès des producteurs, par mail ou téléphone. La gamme de produits est extrêmement large : légumes, fruits, viande (agneau, veau, bœuf), poisson, fromage (vache, chèvre, brebis), yaourts, charcuterie, tisanes, plantes séchées, œufs, jus de pomme, cidre, bière, miel, mais aussi café, escargots, et épicerie (avec les Récoltes Locales). De quoi se nourrir en se passant du supermarché, tel est l’objectif. Les producteurs (à l’exception du café, mais il est moulu à Seilhac) sont tous de petits producteurs locaux, souvent en bio.
Pour simplifier au maximum les choses pour tous, un système efficace est mis en place. Chaque consommateur récupère ses commandes le mardi soir auprès des producteurs, qui inscrivent la somme due sur une fiche. En fin de « marché », le consommateur paie l’ensemble à Familles Rurales. Et Familles Rurales paie chaque mois les producteurs. Une seule facture mensuelle pour les producteurs, pas de problème de monnaie, c’est vraiment un plus ! Tout le monde gagne du temps (sauf Familles Rurales !). Une cotisation spécifique réduite à 10 € est demandée à ceux qui n’étaient pas adhérent à l’association.
Des consommateurs au rendez-vous
Ce qui m’a semblé génial dans ce qui a été mis en place à Madranges, c’est que les locaux ont été totalement impliqués, grâce à Familles Rurales. Du coup, les consommateurs sont vraiment hétéroclites, et pas seulement les « alternos », déjà sensibilisés et qui arrivaient déjà à manger local. Ici, de nombreuses personnes âgées, des familles, de Madranges ou d’ailleurs autour de la petite commune, adhèrent à la démarche. En un mois de fonctionnement, ce sont maintenant 95 personnes qui sont inscrites. En moyenne sur ce premier mois, une vingtaine de paniers ont été délivrés chaque semaine, pour un total de 3200 euros. Et ça ne fait que commencer ! Avec les légumes qui reviennent sur les étals, gageons que les Cinq à Sept sont promis à un avenir brillant !
Alors, on le suit, cet exemple ?
Céline Perrin




