
Le Fils fait partie de ces romans qui, une fois la dernière page savourée, nous hante encore longtemps.
Philipp Meyer (41 ans, New-yorkais : rien à voir avec son homonyme de la chanson « on » sur France Inter), à travers trois générations de membres de la famille Mc Cullough, dans le Sud du Texas, nous livre avec talent un peu de la grande Histoire de la colonisation moderne en Amérique du Nord.
À travers un récit formidablement documenté, Meyer tord le cou à de nombreux clichés.
Le mythe colporté par les westerns laisse place à une réalité plus âpre, de la vie quotidienne des colons au temps de la conquête de l’Ouest à celle des Indiens Comanches sentant venir la fin de leur monde, en passant par le développement de l’industrie pétrolière.
Un siècle et demi d’histoire, incarnée par des personnages parlant à tour de rôle, chacun amenant un éclairage personnel sur son époque.
On saisit mieux l’essor de la pensée libérale, la fabrique progressive des puissants d’aujourd’hui empreinte d’opportunisme carnassier et de pur hasard, et les origines de l’histoire des États-Unis d’Amérique, si récente, si atterrante, tellement fascinante.
Rima




