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La Trousse Corrézienne

Local, LTC 4 · 30 octobre 2015

Une Caisse de solidarité aux environs de Tulle

Tout a commencé par la cotisation pour une amie qui se trouvait en difficulté financière. De là, un groupe d’amis et de connaissances développe l’idée de créer une caisse de solidarité pour faire face aux besoins ponctuels d’argent des uns et des autres. Et aussi pour renforcer les liens, s soutenir en cas de coup dur. Intrigué(e)s ? Voici comment – et pourquoi – ça marche.

La caisse de solidarité c’est tout simple. Une petite quinzaine de personnes qui vivent proche, se côtoient régulièrement, y versent chaque mois 15€, soit 0,50€ par jour. La proximité physique est importante, parce que c’est plus simple et que la caisse se fait en liquide, sans compte en banque. Une personne se charge de collecter l’argent et d’informer une fois par mois le groupe de l’état des cotisations et de l’argent disponible. Cette fonction de collecteur tourne régulièrement pour ne pas peser sur une seule personne. Le groupe se réunit deux fois par an pour faire le point.

Lorsqu’un membre du groupe demande de l’argent pour lui, le groupe le lui donne, sans en discuter. Le principe est de ne pas porter de jugement sur sa demande. Cette approche permet de repenser son rapport à l’argent et son rapport aux autres : Ne pas juger ce que l’autre fait de son argent, mais simplement être là, solidaires, en cas de besoin. En revanche, lorsqu’un membre sollicite la caisse pour une personne extérieure, il présente cette dernière et son problème au groupe. Il y a alors discussion puis vote. Mais c’est très rare qu’on refuse de donner. La décision du don est prise en réunion ou par la boucle email, car l’idée c’est avant tout de pouvoir disposer rapidement de l’argent en cas d’urgence.

Ce petit groupe de personnes a collecté environ 5000€ et a donné 4600€ en 13 petits dons depuis décembre 2012. Il n’y a jamais eu de désaccord sur l’octroi d’une somme. Quand l’argent est là et que quelqu’un en a besoin, on donne. C’est une façon de revenir à l’utilité première de l’argent qui est de circuler, et non pas de s’accumuler, d’être capitalisé. Pouvoir développer la bienveillance et la proximité dans un cadre à taille humaine, accessible et transparent. Le collectif s’installe pour lutter contre l’isolement, l’individualisme. On construit une autre réalité que celle de la solidarité nationale, dans laquelle on ne se reconnaît pas, et qui nous laisse malgré tout souvent seuls. C’est la construction de cette solidarité à petite échelle qui motive le plus les membres du groupe, bien plus qu’un potentiel besoin financier de faire appel à la caisse. D’ailleurs, ils se disent que leur caisse de solidarité pourrait devenir un véritable réseau de confiance et d’entraide au-delà de l’argent. Parce que souvent, quand on est dépassé, on n’a pas seulement besoin d’argent, mais aussi de soutien moral ou d’un coup de main. De la même manière, la caisse de solidarité se prête à être un lieu de réflexion collective sur notre rapport à l’argent. Car même si intellectuellement chacun est bien d’accord pour donner, émotionnellement le cheminement n’est pas le même. Nous sommes tous plus ou moins possessifs, capitalistes ou individualistes au fond de nous, alors donner sans attendre de retour, ça nous titille, ça nous touche, c’est surprenant … et puis, d’un autre coté, ça nous fait du bien de donner, c’est valorisant. La caisse de solidarité peut donc aussi permettre à chacun de refléter et faire progresser ses pensées et ses émotions par rapport à l’argent et à la solidarité.

Tout ça vous parle ? Ça tombe bien, le groupe veut bien conseiller des personnes qui voudraient créer une caisse comme la leur et cherche lui-même à s’agrandir. Dans l’idéal, il aimerait bien accueillir une dizaine de personnes en plus pour arriver à être entre 20 et 30 personnes. Si vous avez envie de les rejoindre ou de les rencontrer, écrivez-nous à latroussecorrezienne@ilico.org et on vous mettra en contact.

Catherine Fischer

Du papier, des crayons, pas de pubards.

Le papier, c'est encore mieux.

C'est bien de nous lire sur ton mobile. Mais la Trousse papier, c'est autre chose : 5 numéros par an, écrits et dessinés en Corrèze, postés chez toi.

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