
– Un pelou, Monsieur.
– Et bien je vais en prendre deux, mais je n’ai que dix pelou.
– Pas de souci, j’ai la monnaie. »
Scène de la vie quotidienne, j’aurais pu tout aussi bien parler de bières, de jus de fraise, de crêpes, de thé, de laine de mouton, etc…
Imaginez, par un beau week-end de fin mai, vient de naître à la salle polyvalente de Magnac-Bourg, une nouvelle monnaie locale, la 22ème en France. Son nom : lou pelou. C’est après des mois de réflexions que le lancement est décidé. Mais avant d’en arriver à ce moment unique, il faut comprendre la logique de la monnaie dite « fondante ». Elle perd de sa valeur au bout de x jours, de vouloir participer à l’économie locale, dans un esprit citoyen respectueux des valeurs humaines et environnementales.
Après avoir adhéré à l’association « les chemins du limousin », je me retrouve devant deux charmantes personnes pour enregistrer ma demande de pelou et ouvrir devant moi la précieuse enveloppe les contenant.
J’ai le plaisir enfantin de découvrir ces nouveaux billets, leurs couleurs, leurs tessitures, leurs graphismes et leurs citations. Je n’ai plus qu’à flâner au milieu des étals des différents commerçants ou prestataires qui participent à cette aventure, pour entendre sur toutes les bouches son doux nom « lou pelou » et la voir circuler de main en main.
Vous lisez bien lou pelou et nom euro, bien que leur valeur de change soit identique, leur symbolique est tout autre. A l’opposé d’un euro qui donne l’impression d’asservir les citoyens pour l’intérêt de grands groupes financiers et autres spéculateurs en tout genre, lou pelou nous donne le plaisir d’être bien plus qu’une monnaie, un art de vivre.
Sachez que lou pelou vient de l’occitan et se traduit par « bogue de châtaigne » : il est vrai que l’on n’a pas envie de la garder au fond des poches.
David M




