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La Trousse Corrézienne

Local, LTC 2 · 26 juin 2015

Sculptures à la chaîne sur la planète Solid’art

La bannière de la planète Solid’art

Quand un géant de bois, né des entrailles d’un billot, domine un champ de tableaux boisés, on s’étonne de la délicatesse des formes et de la variété des humeurs dégagées.

Quand on apprend que les œuvres sont taillées à la tronçonneuse, on se prend à rêver d’avoir enfin rencontré des extra-terrestres ; alors, on joue trois notes de musique et on en rencontre deux…

Marceau Bourdarias et Nicolas Mialet sont des membres actifs de la planète Solid’art ; planète autonome de 12 habitants auto-gérés (voir encadré). Association de tronçonneurs-poètes que me présentent les deux sculpteurs (mais pas que !). Si, par la suite, deux sculpteurs « purs » vont les rejoindre, la genèse de ce groupement est une histoire d’arboristes-grimpeurs : « sculpteurs du vivant, par la taille des arbres ». Activité qui leur permet de récupérer la matière première nécessaire à leurs œuvres, le bois, d’essences variées.

L’ère de l’art…

À l’aube d’une organisation de cette planète, les billots de bois récupérés servaient pour partie de bois de chauffage « ça nous faisait mal au coeur » me dit Nicolas, mais que faire de cette matière ? Des planches, d’accord ! Mais encore…

Un homme se lève alors et décide de sculpter le bois à la tronçonneuse, entraînant le peuple arboriste dans son sillage. L’ère de l’art boisé commence… Au printemps 2008, il regroupe huit acolytes dans les locaux de « De branche en branche » (1) à Favars (19) et tous mordent à l’hameçon ! Amis, entre-formés ou formés ensemble, ce réseau (national) d’arboristes-grimpeurs poursuit cette nouvelle expérience en sculptant, sculptant, sculptant… Puis l’histoire d’une planète aime les grandes dates…

Foussais payré ou l’ère des symposiums

Devenu « [leur] rendez-vous annuel », le symposium de Foussais Payré (85) (voir encadré) leur donne envie de partager plus grandement leur passion. Cet événement précurseur appelle d’autres symposiums, où la « différence » s’exprime… « ce qui est différent par rapport à d’autres sculpteurs […] c’’est qu’on n’est pas vraiment dans la sculpture à la tronçonneuse classique où on va sculpter un loup, un renard […] une tête d’indien […], on se mouille en tant qu’artistes […] on dit des choses qu’on a à l’intérieur et ça, c’est particulier chez les sculpteurs à la tronçonneuse car c’est plutôt rare […] ». D’autres singularités apparaissent chez les révolutionnaires de la chaîne : Le travail en groupe, l’entraide… Ils refusent de participer à quelques concours que ce soient (championnat et autres réunions ou l’individu prendrait le pas sur la galvanisation collective). « les concours sur l’artistique nous paraissent aberrants ».

Chaque symposium devient une envie de transpiration joyeuse, collective ; une rumeur esthétique par la graisse de la chaîne et la fureur du métal dans le coeur du bois… De l’amour partagé finalement . mais aussi de la colère poétique, du sens, de la vie quoi ! L’individu s’exprime mais à travers le prisme de son voisin et ami arboriste sculpteur. Sortent alors de cette union de bois et de chair, des corps en croûte, des formes sombres, d’autres luminescentes et aériennes, des danses improbables ou des poids disant le monde ; mais toujours l’énergie qui nous entoure ; qu’elle soit finalement suave ou pesante, elle nous dit la vie à chaque instant.

Ils sont douze désormais et la planète s’organise…

L’ère de la structuration

L’envie d’être identifié fait naitre Solid’art officiellement en 2012 suite à un symposium à Gandt (Belgique). Les entrées aux symposiums « Solid’art » sont gratuites. Les sculptures sont faites en directe devant le public. La trace égoïste de l’œuvre s’efface dans l’évanescence collective. L’objet du désir individuel qui apparaît forme une œuvre unique, une sculpture de groupe indivisible surgit dans le déplacement incessant des amis tronçonneurs, par l’entraide ou le prêt de matériel… « une espèce de structure globale où tout le monde a participé », « chaque structure naît de l’émulation collective », « on améliore notre créativité ».

Parce qu’il est important de garder cet esprit au sein de Solid’art, les nouveaux entrants sont cooptés (« Tu reconnais les gens de ta famille en les côtoyant ») et les décisions sont prises à l’unanimité. Les Solid’artiens reversent 20 % de la vente de leurs sculptures à l’association et également 20 % de leur participation aux symposiums.

La magie des troncs – tordus ou non – qui prennent vie durant deux ou trois jours, pour donner à voir l’essence même de leur vitalité dans des élans sculpturaux ; l’émerveillement d’un public baguenaudant à travers la steppe de copeaux éparpillés ; la sueur partagée et la beauté sanctifiée sur l’ère de taille sont autant de retours positifs vitalisants pour nos arboristes sculpteurs.

Du choix au hasard ; de l’essence à l’effervescence

Qu’ils partent de la forme d’un morceau de bois ou d’un dessin pré-conçu, les sculpteurs se laissent porter par l’émotion de la matière, de l’essence originel de l’arbre abattu… L’évolution de l’artiste « branché » qui peut l’amener dans plusieurs directions différentes, au fil du temps ; passant de l’attaque directe à la déclinaison thématique, n’empêche en rien la créativité, bien au contraire. « On pourrait catégoriser deux manières de fonctionner : […] la personne qui […] veut un bout de bois, et c’est [la forme du] bout de bois qui lui dicte ce qu’il va faire et la personne qui sait qu’il va falloir rentrer sa sculpture dans un gros morceau cylindrique ». L’expérimentation « qu’il n’y a pas de hasard » ; l’oeuvre qui se dégage est finalement comme une évidence, comme une énergie qui devait les mener à cet endroit. Un morceau de bois pas forcément évident au départ qui produit une expression essentielle en finalité. « on arrive à en discuter ensemble ensuite, c’est de l’ordre de l’intime. C’est une espèce de thérapie collective qu’on fait »

Une thérapie collective exprimée en public, dans l’intimité d’une tronçonneuse, c’est une jolie manière de rendre hommage aux arbres que furent ces sculptures.

Notes :

1 – arboristes grimpeurs : http://www.debrancheenbranche.com/

Solid’art c’est :

http://solid-art.fr/

en corrèze :

– Marceau Bourdarias ; Figuratif, vivant, incarne la vie dans la matière : http://marborisculpteur.blogspot.fr/

– Benoît Lanchais ; Tout en féminité, des courbes rondes et des formes pleines. Une ode à la féminité : http://www.debrancheenbranche.com/

– Benoît Gillie : http://www.debrancheenbranche.com/

– Guillaume Antoine

– Sébastien Feuillade ; Précision et finesse des courbes, tribal, organique, esthétique : http://www.debrancheenbranche.com/

dans le lot :

– Nicolas Mialet ; Le fantastique, le symbolique, l’expression de l’âme.

Dans le nord :

– Maxence Terrier ; Parce que le bois est vivant, et modelable, il nous plaît d’éveiller l’âme qui sommeille en lui : http://www.larougeporte.com/sculpture-sur-bois/

à Gandt (Belgique)

– Joachim Louis ; Audacieux, collectif et épuré : http://joachimlouis.be/

en vendée :

– Julien Coirier ; Des mises en scènes vivantes et des courbes parfaites qui deviennent sculptures : http://www.arboriginal.fr/html/sculptures.html

en indre et loire :

– Juan Carlos Alvarez Flores

en mayenne :

– Patrice Hinry ; Elégance, finesse et volupté des lignes… : http://patricehinry.wix.com/pat-hinry-sculpteur

en vienne :

– Jérémie Langer ; Faire écho à mes sens de l’observation et de l’esthétisme… : http://www.jeremielanger.com

pour faire le tour de la planète :

Du 22/07/2015 – 25/07/2015

http://symposiumsculpturetronconneuse.blogspot.fr/

Du 22/08/2015 – 23/08/2015

http://www.agri85.fr/V4/fete-de-l-agriculture-2015-article-extranet-numero-995.php

Pluton 427

Pluton 427

Symposium de sculpture de Saint-Venant
Symposium de sculpture de Machelen
Sculptures au Battement d’ailes, à Cornil

Du papier, des crayons, pas de pubards.

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