
Les 21 et 22 mars ont eu lieu à Paris les premières rencontres nationales du Printemps de l’éducation. Regard de l’intérieur sur un évènement qui pourrait bien avoir (déjà) impulsé de nombreux changements.
« Mouvement citoyen pour un renouveau de l’éducation ». Voilà toute l’ambition du Printemps de l’éducation, association créée en 2012 sous l’impulsion d’Antonella Verdiani1. Un mouvement pour recenser, faire connaître, promouvoir, encourager, démultiplier les approches éducatives centrées sur l’épanouissement et l’intérêt de l’enfant. Parce qu’« il est urgent de sortir le système de son fonctionnement en circuit fermé. Jusqu’à présent, tout était resté fermé – que ce soit au niveau du système public, du système privé, et même du système alternatif, c’était l’idée qu’il fallait se protéger pour survivre ! Je pense qu’il est important qu’il y ait aujourd’hui ce travail de pollinisation, car l’ouverture est nécessaire partout, tant dans le privé que dans le public. Les mondes sont encore séparés, il est l’heure d’oser sortir des territoires protégés pour se rencontrer. Je crois qu’ainsi le changement est possible… »
En 2015, les premières rencontres nationales ont été lancées. Deux jours de rencontres, d’échanges, d’agoras hébergés par la Gaieté lyrique à Paris (déjà tout un programme !). Des démonstrations de ce qui est possible, ce qui est fait, en France et dans le monde. Des espaces pour réfléchir ensemble, pour donner à penser. Des ateliers pour expérimenter : Brain Gym, mind-mapping, méditation pleine conscience, jeux coopératifs, communication bienveillante, philo, yoga, communication non violente, projections de films… Mais surtout des espaces pour se rencontrer, se relier, sortir des oppositions qui sclérosent l’évolution de l’éducation. La classique public / privé.
Pour incarner le dépassement de ces oppositions stériles, le Printemps avait permis en 2014 à une quinzaine d’acteurs du changement de se rencontrer pendant deux jours : enseignants du public, du privé, Montessori, Steiner, Freinet, 3ème type, écologie de l’enfance, formateurs… De leur rencontre est né un texte, devenu aussi leur identité : « Ce qui nous réunit ». Un manifeste qui met non seulement en valeur ce qui les réunit : la nécessité du bien-être et du bonheur, l’existence d’un plein potentiel chez chacun, les besoins de cohérence, d’harmonie, de paix, d’estime, de confiance, de bienveillance2… Un manifeste qui met également en lumière le processus qui leur a permis de donner naissance à ce texte. « Un processus d’intelligence collective par lequel les besoins de chacun ont pu être exprimés, entendus et accueillis avec bienveillance pour laisser place à l’innovation et à la créativité ».
Et en parallèle de ces rencontres denses, de multiples connexions se font : des créateurs d’écoles alternatives qui se relient pour s’entraider, mutualiser, des acteurs du privé et du public, des étudiants et des vieux briscards, des mécènes et des porteurs de projets. Une vraie fourmilière. Une ruche. Qui bourdonne de mille projets pour ce renouveau, heureux, de l’éducation.
1 – Et Antonella Verdiani est l’auteur du livre « Ces écoles qui rendent nos enfants heureux » publié chez Actes sud. 2 – L’intégralité du texte ainsi qu’une vidéo sont à retrouver sur http://bit.ly/1HOwWSi
Les enfants de l’école du Colibri (Drôme) nous ont donné à voir leurs pratiques de médiation par les pairs. Crédit photo : Adèle Godefroy, merci Adèle !
delphine laval




