
Habitant d’une petite commune près de Tulle, j’apprends par mon journal d’information municipal, que l’Agglo, depuis le 1 er janvier 2024, est tenue de respecter les directives de la loi AGEC (anti-gaspillage pour une économie circulaire) qui impose « aux collectivités de mettre à disposition de leurs administrés une solution de tri à la source des biodéchets ». Pour cela, elle met différents outils à disposition, des composteurs, des bioseaux et un agent maître-composteur chargé d’expliquer, mettre en place, assurer le suivi, former des référents composteurs, etc. Super. Heureuse initiative pour les citadins et autres habitants des appartements et maisons sans jardin et sans espaces verts à proximité. Seulement, il y a deux « hics ». Premièrement, les biodéchets n’existent pas. Il y a de la matière organique, des restes d’aliments, de repas et des épluchures et, comme les matières fécales (qui demandent cependant une gestion appropriée), ces matières sont, depuis plus d’un siècle, jetées « à la poubelle » pour les uns et jetés dans l’eau pour les autres. Un non-sens délirant, la matière organique doit rejoindre la terre, l’en soustraire c’est l’appauvrir. Là est le deuxième hic ; Marc-André Selosse, auteur de « L’origine du monde, une histoire naturelle du sol à l’intention de ceux qui le piétinent 1 », regrette la perte de ces matières organiques dans les tout-àl’égout, rivières et autres poubelles, et précise que le dépôt direct des matières organiques, non compostées, est préférable à la technique du composteur. Elle n’est donc pas conseillée aux habitants ayant un bout de terre, un jardin, un potager, une haie, un bois à proximité. S’il vous plait ! Amendez vos massifs, vos arbres, jetez vos bio-richesses en forêt, ou offrez-les, faites un tas ou enfouissez-les, sachez qu’il n’est nullement obligatoire de passer par l’étape transformation en compost. Ni de devenir un bio-sot.
1 Actes Sud, 2021. p 428 à 430. V. Hugo y est cité, dénonçant dans Les misérables la perte de la matière organique des égouts de Paris qui va dans la Seine et ne retourne plus dans les champs.
environnemen-tales apparaissant sur celui du bois du Chat. Refus, car cela porte atteinte à la vie privée. Le PNR saisit alors la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) 3 . Cette Commission donne son avis, indépendant, sur la possibilité ou non d’accéder à des documents en cas de refus. Le 14 décembre 2023, la commission rend son avis. Elle « relève, en premier lieu, que les bois et les forêts sont des biens placés sous la sauvegarde de la Nation, auxquels se rattachent des enjeux d’intérêt général détaillés à l’article L112-1 du code forestier », ce qui est essentiel pour tous ceux qui croient encore que le droit de propriété est absolu et en font un mur de protection de leur légitimité à tout faire. Surtout, la commission dit « que le document sollicité est communicable à toute personne qui en fait la demande en application de l’article L124-3 du code de l’environnement, après occultation des coordonnées personnelles (adresse personnelle) ainsi que celles relatives à l’engagement fiscal du propriétaire, dont la communication ne présente pas, pour l’information du public, un intérêt supérieur à celui tenant à la protection de la vie privée ». C’est une première ! Le bois du Chat nous éclaire sur nos droits à tous. Le PNR a fait une nouvelle demande et a essuyé un nouveau refus. Étrangement, il semble qu’il soit complexe de trier ce qui est quoi dans le PSG 2 . Et les coupes rases continuent. Ainsi, en février 2024, à Sornac, un bois de feuillus a été rasé 4 .
1 Journal no 1 du Syndicat de la Montagne limousine, p. 3, syndicat-montagne.org 2 IPNS, le journal du plateau de Millevaches consacre un article sur cette demande dans son no 86, p. 10 3 canopee.ong/le-media/analyses/la-cada-acte-la-transparence-du-voletenvironnement-des-plans-de-gestion 4 syndicat-montagne.org/coupe-rase-a-sornac/
5 – LA TROUSSE CORRÉZIENNE N° 50
CHRISTOPHE RASTOLL





