
Nous habitons, depuis 40 ans, une vaste et fraîche clairière au cœur de la forêt, non loin des ruines de la forteresse de Ventadour. Notre petite « Mésopotamie », à près de 600 mètres d’altitude, s’étale à flancs de collines entre deux ruisseaux : le fougueux ruisseau du Lieuteret et le « riou nègre » (le ruisseau noir) beaucoup plus modeste. Nous sommes devenus, voilà quelque temps déjà, Refuge LPO. Nous avons, depuis toujours, toutes sortes d’oiseaux, tant dans la prairie préservée, d’un bon hectare, que dans les lisières de boisements anciens aux nombreuses essences. Troglodytes, grimpereaux, rouges-gorges, gros-becs, rouges-queues, trois espèces de mésanges (bleues, noires et charbonnières), merles et grives, pinsons, verdiers, sittelles, pics épeiche et parfois pic mar au chant si sonore, palombes et chardonnerets, geais et même corneilles et buses souveraines. Les grands corbeaux, venus de la Luzège proche, planent quelquefois dans notre ciel et croassent rudement. La nuit est habitée par deux ou trois espèces de chouettes. Les chauves-souris dansent devant la façade éclairée. Voilà pour la gent ailée. Pas mal, non ? Je crois que c’est la règle de l’abondance aussi pour les plus de 300 000 hectares du Plateau, là-haut à 900 mètres, et au nord-est… Nous sommes riches de tout ça ! Pendant des années, nous avons vu des « cochons », laies et marcassins, mâles charbonneux, grands laboureurs de prairies, des chevreuils de plus en plus nombreux et audacieux, des cerfs de plus en plus rares. Nous ne voyons plus de renards, presque plus de blaireaux, plus de martres, ni de belettes ? Bien évidemment, nous ne pensons pas un instant que ce soit lié à ce fameux changement climatique, que nous ne ressentons pas. Par ailleurs, cette année, j’ai vu un jeune daguet au détour d’un vallon. Je l’ai vu une nouvelle fois deux semaines plus tard, puis… plus rien. Je ne l’ai jamais revu. Plus de cerfs ! Plus de sangliers ! Plus de renards ! Là, en pleine nature préservée, là où la pâture pour tous est assurée, et le gîte. Tout ceci fait mal au cœur, et pire encore. Qui donc aura le courage de donner les bonnes réponses, clairement, à
aux classiques du genre, écrits, c’est à noter, en très grande majorité par des femmes. On y trouve du post-apocalyptique, des elfes, des magiciens, et tout ce qu’aiment, en gros, les ados accros aux livres, car oui, cela existe encore, j’en ai déjà rencontré plusieurs !
Pour aller plus loin, les curieux pourront toujours se renseigner auprès de leur libraire préféré, de leur voisin, ou au bistrot. De la main qui écrit à l’œil qui lit, et de la bouche à l’oreille, aussi, que circulent les mots ! À la vôtre !
Pour resituer, les autres maillons de la chaîne sont bien-sûr l’auteur, l’imprimeur, 1. et puis le distributeur, le diffuseur, le libraire… et le lecteur qui, tout naïf, oublie tout cela pour simplement se baigner dans les mots.
ces terribles déséquilibres que nous constatons. Si on rajoute le pillage éhonté des forêts, il y a vraiment de quoi être amers et très inquiets, non ? On ne gère pas le vivant, on le respecte. Je repose encore et encore la question du président de Corrèze Environnement que j’étais dans une autre vie : « Qui donc vous a fait monarques absolus de si vastes domaines et de leurs peuples ? »
11 – LA TROUSSE CORRÉZIENNE N° 48
DANIEL SOULARUE





