
Le Sénat rejette l’interdiction des pesticides néonicotinoïdes
Lors de son examen au Sénat le 4 février dernier, la proposition de résolution portée par le sénateur écologiste Joël Labbé, visant à faire interdire les néonicotinoïdes au niveau européen a été rejetée. Sur 347 votants, 312 suffrages ont été exprimés. 248 sénateurs se sont exprimés contre cette proposition, seulement 64 sénateurs se sont prononcés pour 1. Notez que nos deux sénateurs lotois, Don Miquel et Requier ont voté contre…
Sous la dénomination de « néonicotinoïdes », on trouve plusieurs substances actives, à savoir le thiaméthoxam, l’imidaclopride, le thiaclopride, le dinotéfuran, l’acétamipride et le clothianidine. Ces néonicotinoïdes sont des pesticides systémiques. En tant que tels, ils sont présents dans et sur la plante tout au long de sa vie. Ils sont repris par la plante et transportés dans tous les tissus de façon préventive, même en l’absence de ravageurs. On les retrouve donc sur les feuilles, fleurs, racines, tiges, mais aussi dans le pollen et le nectar. Persistant dans l’environnement, ils contaminent le sol, l’eau et l’air.
Lors de la séance au Sénat, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a défendu son opposition au vote de cette résolution. Position qui donne une signification toute particulière au fameux plan Ecophyto 2, annoncé par ce même triste sire, qui repousse la diminution de 50 % des pesticides à… 2025 ! Rappelons que le premier plan Ecophyto, décidé lors du Grenelle de l’environnement par Sarkozy, prévoyait déjà cette mesure pour 2018. Le Foll repousse donc l’application aux calendes grecques, en bon petit soldat du vrai ministre de l’Agriculture : Xavier Beulin, président de la FNSEA et de Sofiprotéol.
Triste nouvelle donc. Lors de cette même séance, Joël Labbé a rappelé les principales motivations qui l’ont conduit à proposer ce texte : le caractère systémique de ces insecticides agissant sur le système nerveux central des insectes, les impacts sur les pollinisateurs et les effets supposés sur la santé humaine, notamment sur le développement du système nerveux humain. Joël Labbé n’a pas manqué également de souligner que plusieurs rapports et publications font valoir que l’utilisation de ces molécules n’a pas permis une augmentation significative des rendements pour les agriculteurs.
Mais tout cela a si peu d’importance aux yeux des barons de l’agro-industrie…
- 1 Détails du scrutin disponibles sur le site du Sénat : http://bit.ly/1y8jboZ
bluboux





