
Un groupe de départements éleveurs de bovins, dont la Corrèze, avec Pascal Costes, le président du Conseil départemental, vient de se créer. Ce groupement organise la résistance déterminée à la régulation du nombre de bovins décidée au plan national. Dont acte… Là où le bât blesse, c’est quand le porte-parole de ce regroupement inter-départemental affirme que ce type d’élevage contribue à la conservation du paysage patrimonial ! De qui se moque-t-on ? Allez donc voir du côté de Chavanac près de
Local
(agricoles, naturels…), pollution des sols et des eaux, etc. Quelle est l’importance du sujet ? Un état des lieux « des problèmes de cabanisation existants » est prévu dans la charte. En gros, on ne sait pas. Le dépliant « Lutte contre la cabanisation » précise aussi que « la commune doit faire respecter le principe d’égalité de traitement des citoyens devant la loi et [que] la responsabilité pénale du maire peut être engagée vis-à-vis des risques pour les personnes 1 ».
Fargesbois et consorts
Il doit y avoir une égalité de traitement entre les citoyens. Très content de l’apprendre ! Rappelons (voir La Trousse n° 44) que Fargesbois, entreprise dont la surface d’emprise était de 7,10 hectares en 2010, a augmenté celle-ci de plus de 12 hectares en totale illégalité entre 2010 et 2019, date de sa demande de régularisation ET d’extension. Elle a donc changé l’orientation de l’usage des sols, a produit d’importantes nuisances sonores conduisant à des réactions fortes du voisinage, et son activité a eu des effets de pollution des sols et de l’eau. Ce qui constitue des infractions au regard du droit de l’urbanisme, l’environnement et de la santé correspondant à beaucoup de cabanes. Les élus n’ont rien vu, ni rien signalé. Dès 2017, la Communauté de communes actait même, alors que l’entreprise était dans l’illégalité, la nécessaire mise en œuvre d’une déclaration d’utilité publique lui permettant de poursuivre sa croissance. Au diable ici l’égalité des citoyens et les conflits de voisinage. Surtout, les élus ne manifestent aucune crainte face à leurs responsabilités. Tout cela, c’est bon pour les cabanes, pas pour un leader national. Une égalité des citoyens très variable selon qu’on soit puissant ou misérable.
Fargesbois n’est pas le seul exemple de ces inégalités. Il existe d’autres cas, ici et ailleurs. Les pratiques sont toujours les mêmes :
Millevaches, dans le Parc du Plateau. Une très grande ferme, qui ne cesse de s’agrandir, y élève de plus en plus de bovins (et de moutons…) sur des surfaces herbeuses de plus en plus vastes. La création de ces prairies, et la rotation annuelle de leur exploitation, les cultures complémentaires nécessaires à ce grand élevage, ont conduit, rapidement, à l’élimination des bosquets et des haies, au comblement des chemins creux ancestraux et l’ouverture de pistes larges et cailloutées, au drainage de mouillères, de mini-tourbières, de zones
l’entreprise démarre. Puis grossit. L’air de rien. L’élu ne voit rien. Alors qu’une cabane, une yourte, là c’est inratable. À la fin, il y a établissement dans l’illégalité et, souvent, mise en danger de la qualité des sols, de l’eau, ainsi que des conflits de voisinage importants, avec plaintes récurrentes inefficaces. Que voulezvous ?! Les gens ne supportent rien. Les responsables locaux choisissent de faire l’autruche, l’État attend, puis chacun œuvre à une mise en conformité « après coup », ce qui équivaut à une prime à la triche. Circulez, c’est fini.
La Préfecture cible l’ensauvagement par les cabanes car, selon les propos du préfet rapportés le 1 er décembre 2023 par La Montagne, « la règle est la même pour tous. Il est anormal que ceux qui respectent la règle voient certains ne pas la respecter ». Elle détourne pourtant le regard des comportements sauvages de quelques-uns pointés par les résultats des inspections que le même État met en œuvre. Cela fait très mal aux valeurs républicaines.
1. Préfecture de la Corrèze, « Lutte contre la cabanisation » (urlr.me/zbT3C).
de
humides en tête de bassin-versant. Rien, strictement rien, ne subsiste du paysage de bocage, landes et plateau patrimonial originel. C’est le côté « beauceron » qui l’emporte bel et bien dans ces collines mornes et comme aplanies. Ajoutez à tout ça des bâtiments nombreux et énormes, du style ferme allemande de la ForêtNoire, et des matériels agricoles surdimensionnés, et vous aurez une juste idée de ce que ces gens-là revendiquent comme étant des choix et des méthodes qui « contribuent à la conservation du patrimoine » (sic).
5 – LA TROUSSE CORRÉZIENNE N° 49
DANIEL SOULARUE





