
Jarmusch, pionnier du ciné polaroid, propose ici un de ses films les plus épurés et les plus légers. Voisine de New York, Paterson est une ville célébrée pour ses poètes, notamment Ginsberg et William Carlos Williams. Paterson est également le nom d’un chauffeur de bus, lui aussi poète amateur, qui privilégie heureusement la prose. L’expression « tranche de vie » prend ici tout son sens. Sept jours durant, on suit Paterson, interprété par Adam Driver –parricide du Réveil de la Force– et on s’amuse à remarquer les variations et coïncidences de son quotidien, qui ne tiennent pas pour autant lieu de présage. Paterson s’est-il réveillé à l’heure ? Quelle sera la nouvelle lubie de sa compagne ? Leur bouledogue court-il vraiment un danger dans les rues mal famées de Paterson ? Comme souvent, Jarmusch s’éloigne de la structure en trois actes et nous donne le temps de nous projeter dans Paterson, la ville, et Paterson, le chauffeur-poète, attentif témoin de sa ville comme Williams en son temps.
Goulven





