
Pour ce deuxième opus de « Parlons peu, parlons bière », j’ai décidé d’aller rencontrer Joachim Chanliaud, Fondateur de la Brasserie de la Vézère. Le rendez-vous est donné sur son nouveau site de production situé dans les locaux de l’ancienne Papeterie à Uzerche.
La Papeterie à Uzerche, je situe à peu près. Je me munis de mon petit calepin et de ma plus belle plume, je fais une petite prière au dieu des 4L pour que ma fidèle titine tienne jusque-là (c’est qu’elle a des ennuis d’allumage en ce moment cette vieille dame) et c’est parti.
Arrivé sur le site de la Papeterie, je longe le premier bâtiment en cherchant un gros panneau « Brasserie de la Vézère », rien à l’horizon. Rien non plus sur le gros bâtiment du fond, j’ai dû rater quelque chose. Un petit demi-tour, je reviens sur mes pas (enfin, sur mes tours de roue), et là je trouve un indice, sur une vitre du premier bâtiment il est précisé que l’entrée de la brasserie est plus haut. Ouf, je suis bien au bon endroit.
Joachim m’accueille chaleureusement et après les échanges de courtoisies d’usage, il me propose de faire le tour du propriétaire, en me précisant qu’il vient tout juste de s’installer et que c’est en travaux. En effet, l’endroit est encore un peu brut, mais il y a déjà énormément de matériel installé. Il y a tout ce qu’il faut en fait, puisque malgré le déménagement, il fallait continuer à brasser : (propo de mettre : au lieu de faire 2 phrases) stocks de malts et de houblons, cuves d’empâtage et de fermentation, ligne d’étiquetage… Tout est en place. Après avoir fait le tour de tout ça, Joachim évoque les projets d’aménagements futurs. D’un côté, une zone pour la vente directe et la vente de produits locaux (partiellement en place), un bar avec une petite scène pour les concerts dans un coin, un espace bibliothèque et jeux en bois et propo : ainsi qu’une une belle terrasse avec vue sur la Vézère (logique pour une brasserie qui porte son nom me direz-vous). Les idées fourmillent et le potentiel du lieu prend toute sa mesure.
Il reste un paquet de travail, mais Joachim est enthousiaste et motivé et à terme, il est certain que cet endroit vaudra le détour. Une chose est sûre, j’y retournerai quand les travaux seront finis !
On s’installe ensuite, non loin du chauffage car l’endroit est grand et plutôt frais, pour rentrer dans le vif de l’interview.
La Trousse Corrézienne: Tu fais partie des brasseurs incontournables en Corrèze, on voit ta bière un peu partout dans les commerces du département mais peux-tu nous dire ce qui t’a amené à être brasseur ?
Joachim (Brasserie de la Vézère) : J’ai lancé le projet de la Brasserie de la Vézère à Uzerche fin 2013 après avoir suivi une formation pour devenir brasseur, (rajout virgule) dispensée par l’IFBM (Institut français des boissons, de la brasserie et de la malterie) à Nancy en 2012. C’est bien plus tôt, en 2005 ou 2006 que j’ai découvert par hasard le brassage en Ardèche lors d’une démonstration proposée par un brasseur local. Ensuite, j’ai vraiment découvert la palette aromatique et la variété des plaisirs que l’on peut rencontrer à travers la bière. J’ai fait quelques brassins en amateur et j’ai commencé à me passionner, à rechercher les méthodes, les saveurs, à discuter, échanger avec d’autres passionnés. Originaire de Paris, c’est après m’être installé en Corrèze que l’idée de monter une brasserie s’est vraiment imposée.
LTC : Je vois plusieurs cuves derrière toi, et pas mal de bouteilles différentes sur l’étagère, tu proposes combien de bières différentes (répétition?) ? Et combien ça représente en volume de production ?
J :Actuellement, nous proposons 7 références, de la blonde à la noire en passant par l’India Pale Ale (IPA). Cela fait longtemps que je veux essayer d’autres choses et ça y est, ça arrive. Plusieurs nouveautés sont prévues pour le printemps 2019. En terme de volume, nous brassons environ 300hl par an.
LTC : Et tous ces hectolitres, tu les vends par quel biais ? Pas mal en local j’imagine…
J :Tout à fait, nous vendons approximativement 15 % de la production en vente directe, 55 % dans les magasins bios, les magasins de produits du terroir, les bars et caves à bières du Limousin et enfin environ 30 % via le secteur associatif (festivals, bars associatifs, salles de concert, groupements d’achats…) Et toujours en Limousin ! Donc oui, on est en 100 % local.
LTC : Visiblement tu tiens au tissu local pour la vente, mais pour l’achat des matières premières ce doit être plus compliqué. D’où viennent tes matières premières et comment les sélectionnes-tu ?
J : Ce qui prime pour nous c’est de s’approvisionner en bio et localement autant que possible. C’est la philosophie que j’ai voulu donner à ce projet dés le départ et ce qui est exigé par le label Nature et Progrès (un label qui va plus loin que le label bio Ecocert que nous avons aussi). Je me fournis en malt principalement dans la Beauce, chez un gros producteur français qui a un département malt à bière. J’essaye également de petits lots chez des fournisseurs locaux en Auvergne et dans le Tarn et j’espère pouvoir les privilégier dans l’avenir. Pour le houblon c’est plus compliqué, il n’y a qu’un seul gros fournisseur français et il est saturé de commandes. Quelques petits producteurs émergent mais c’est encore trop juste. Je fais donc venir des houblons bios d’un peu partout sur la planète, Allemagne, Europe de l’Est, États-Unis, Nouvelle-Zélande et Belgique. Les quantités commandées étant petites, cela limite l’empreinte écologique de ces transports, mais à terme, j’espère que les producteurs français vont se développer.
LTC : Tu es content de tes nouveaux locaux ?
J : Nous avons emménagé dans l’ancienne papeterie d’Uzerche en 2018, et comme tu l’as vu, les travaux sont loin d’être finis. On a passé l’été à brasser à fond, et là, on arrive à se dégager un peu de temps et à faire avancer tous ces projets d’aménagement. L’endroit va être super et on a hâte que cela soit terminé et tout rangé parce que concilier travaux et brassage, (propo rajout) c’est usant.
Déjà une heure et demie que je suis là, il est encore un peu tôt pour déguster une bière… Pour rentabiliser le trajet, je lui en achète un carton, ce n’est jamais perdu.
Joachim est jeune, dynamique et passionné, une belle rencontre qui me donne encore plus envie de rencontrer (répétition) les autres brasseurs corréziens. Je le laisse donc à son brassage en me promettant de goûter dés que possible ses nouvelles créations.
Propos recueillis, interprétés et retransmis par Olivier Garcin
Olivier Garcin





