Qui aime les jeux de société en Corrèze connait Robin Red Games, une maison de jeux de société fondée en 2012 par Pascal Boucher et localisée à Allassac (19). Chez Pascal, l’éthique n’est pas une légende : tous ses jeux sont entièrement fabriqués en France et plusieurs sont également disponibles en braille ! Parmi ses best-sellers, on compte Hanafuda, Course de Rennes ou Trut. Qui aime les plantes en Corrèze connait le Comptoir d’Herboristerie, un réseau de cueilleurs de plantes sauvages, fondé à l’origine en 1976 par Jean Maison à Saint-Augustin (19). Chez Jean, l’éthique n’est pas une légende : toutes ses productions sont labélisées Nature&Progrès. Parmi ses best-sellers, on compte les tisanes Nuit paisible, Détox ou Circulation.
Le proverbe dit que les montagnes ne se rencontrent jamais, mais les proverbes n’ont pas toujours raison ! C’est ainsi qu’est né le projet Officinalis, un jeu de plis, d’observation et de combinaisons où vous incarnez un herboriste dont l’objectif est de récolter des plantes médicinales pour concocter des infusions. Le projet semble un peu fou, alors pour se rassurer, Pascal lance une campagne de prévente en financement participatif. Démarrée le 1er novembre pour un objectif de 4 000 €, le seuil initial est atteint en moins de 24 heures alors qu’il reste encore 22 jours ! Plutôt que de se contenter de cette bonne affaire, Pascal transforme alors sa campagne en campagne de création participative. Il crée de nouveaux paliers de financement en ajoutant de nouvelles cartes au jeu et en parallèle les souscripteurs lui proposent de nouvelles pistes de développement. De fil en aiguille, de nouvelles tisanes sont ajoutées aussi bien en carte qu’en sachet, des règles sont ajoutées pour jouer en solo ou jusqu’à 6, de nouveaux cueilleurs font leur apparition, de nouvelles plantes aussi, un livret pédagogique est également inséré. Si bien qu’à trois jours de la fin de la campagne le montant collecté est de 20 000 € et on ne voit plus bien comment le jeu pourrait encore s’améliorer. Beaucoup demandent depuis plusieurs jours que le jeu soit édité au format tarot. Mais c’est beaucoup plus couteux à fabriquer. Pascal tente alors un dernier pallier de financement à 30 000 €. Sera-t-il possible de collecter en 3 jours la moitié de ce qu’il a fallu 20 jours pour amasser ? Le pari semble déraisonnable et pourtant deux jours après seulement, l’affaire est bouclée. Il restera même encore un peu d’argent sur la dernière journée pour passer à une version de papier un peu plus luxueuse. La campagne se terminera à 37 099 € et 1 316 contributeurs.
Qui aurait cru que les plantes pouvaient susciter un tel engouement ? Pascal et Jean à n’en pas douter ! Maintenant, avec toutes les modifications apportées au jeu dans cette démarche participative, la sortie initiale prévue en février 2019 est reportée à une date ultérieure. Il faudra donc être patient pour l’ajouter à sa ludothèque. Mais lorsque vous l’aurez en main, sachez qu’un petit jeu se cache dans ce grand jeu : le portrait de Jean Maison se dissimule dans le portrait d’une des cartes cueilleur… saurez-vous le retrouver ?
Michel Dupuis
Encadré
Financement participatif Kesaco ?
C’est une campagne de collecte d’argent via internet. Il peut s’agir d’un prêt, l’argent sera alors restitué au fil du temps au donateur avec intérêt. Il peut également s’agir d’un don « avec contrepartie ». Dans ce cas, l’organisateur indique ce que le donateur recevra suivant le montant de son don. Souvent la contrepartie est symbolique ou de valeur très inférieure au montant du don. Si la contrepartie est presqu’égale au montant du don, il s’agit d’une campagne de prévente visant à s’assurer d’atteindre le minimum de ventes nécessaires au remboursement des frais fixes. Le point commun de tous ces formats est qu’il s’agit d’un fonctionnement « tout ou rien » ; si le montant du seuil initial n’est pas atteint, les donateurs sont remboursés.
Michel Dupuis



