« Le couvercle du ciel est rouge…
C’est l’heure… L’heure où nous allons nager là-bas… Djéda…
… Au bout des étangs de fumerolles roses…
Nager là-bas dans l’orgue des roseaux…
Dans le clapotis des bulles qui grondent…
Remontent du fond…
Mappemondes irisées
Reflets de reflets…
Nager là-bas (naïfs, horizontaux, enfin ! )
C’est essayer, peut-être, de saisir le mystère de nos existences…
Le mystère de nos existences…
Nos pattes, nos bras, nos poils, nos museaux, nos yeux, nos yeux,
au bout des étangs comme au bord du monde.
Rentrons d’un même souffle.
Tu t’endors sous mes paupières…
Guettons… le scintillement de l’étang…
Guettons la lumière…
Le silence d’avant les mots
L’application d’une coccinelle dans son ascension au sommet d’une herbe ;
Le ballet des éphémères…
Guettons la vie d’avant les mots
Guettons…
Le temps des coussinets bleus…
Le temps au bout du temps de l’été
Le temps… »
Andrée Eyrolle





