
Comme on dirait classiquement, c’est un ovni dans le monde de la BD. Mais finalement la BD est devenue tellement créative et variée, qu’on pourrait ne plus s’étonner de lire des pavés de plus de quatre-cents pages où les dessins sont réalisés au stylo bic sur des feuilles de cahier dont on voit les lignes. Et pourtant, j’ai été surprise et surtout j’ai admiré : le dessin où chaque ligne est visible, où les ombres et les contrastes dépendent du hachurage ; l’audace de la mise en page, sans bulle, sans case, avec des dessins dans le dessin ; les pages remplies de portraits, d’histoires et de pensées d’une petite fille qui grandit dans un quartier populaire du Chicago des années soixante, son désir d’être un loup garou qui l’isole des autres enfants ; la maladie de sa mère, la protection de son frère, l’assassinat de sa voisine qui fait revenir les fantômes d’une guerre pas si lointaine…
C’est dense, c’est prenant, c’est un style.
Julie Devès




