
Corps jeun es é la nc On dirait, … comme au golf un joli swing. Pourtant, ce n’est pas un dancing. ici on voit des corps se chalouper. Étoffes c ol or ée s On dirait, … comme un petit air de fête. Pourtant, c’est une rengaine à perpète. ici on voit un trouble-fête se pointer. Sourires iri sé s On dirait, … comme une soirée banale. Pourtant, c’est au loin un chaos de rafales. ici on voit un massacre s’organiser. Dos c ou rbé s On dirait, … comme un cache-cache. Pourtant, c’est bien mené à la cravache. ici on voit des corps se recroqueviller. Cris é to uf fé s On dirait, … comme un brin causette. Pourtant, ce sont bien des tirs de roquette. ici on voit des corps se coucher. Mains l ev ée s On dirait, … comme des petites flammes. Pourtant, c’est bien le drame. ici on voit des peaux ensanglantées.
LA CHRONIQUE DE CIRCÉ
Automne pluvieux, automne heureux ? Ah non pardon, ce n’est pas ça, mais pourquoi pas ? Sans parler de mariage, ne pourrait-on pas parler de passage, de transition vers l’hiver ?
Les températures ont été douces, très douces, et moi qui m’inquiète souvent pour l’avenir de l’eau, j’ai été servie ! Avec mon ami, on s’est demandé une fois si les grues avaient pu prendre la tangente, ou si on ne les avait simplement pas vues. Et puis c’est tout, on a regardé la pluie tomber, les rivières se remplir, la vie déborder, spectacles dont on ne se lasse pas ; avec parfois le frisson de la tempête, où on trouve ça éblouissant mais on espère quand même qu’il n’y aura pas de dégât… Parce qu’on pense à tous ceux pour qui la tempête c’est juste l’effroi, ce n’est plus trop joli dans ce cas et on n’a pas envie de voir ça…
Alors on fait l’autruche, on regarde ce qu’il y a de beau, pour se remonter le moral, se rappeler que c’est dur la vie mais c’est beau dis donc,
20 – LA TROUSSE CORRÉZIENNE N° 49
és
On dirait, … comme de joyeux échos.
On dirait, … comme un petit jeu.
On dirait, … comme un éternel refrain.
On dirait, … comme des étoiles filantes.
On dirait, … comme des clôtures d’un mauvais voisinage.
On dirait, … comme une partie de balle au prisonnier.
c’est beau. Dans le jardin je vois des fleurs résister à cet assaut d’eau, au 20 novembre subsistent des fleurs de capucine, mauve, souci, achillée et bourrache, elles se tiennent encore presque fièrement. Je dis presque, elles ont bien dû un peu courber le dos pour encaisser tout ça. Leurs taches de couleur suffisent à égayer mon cœur.
21 novembre, une journée annoncée sans pluie (il y aura finalement quelques gouttes), je savoure d’être dehors, des cris familiers me font lever les yeux et crier à tue-tête : « Regarde, regarde, elles sont là ! » Je les admire avec comme chaque année beaucoup d’émotions, et malheureusement une inquiétude certaine. Elles sont sept, c’est un beau chiffre sept mais c’est peu ; des éclaireuses peut-être ? L’appréhension concerne la réussite de leur long voyage et leur retour l’année prochaine. Les obstacles aériens pour les oiseaux migrateurs sont nombreux, sans parler des zones où se reposer qui diminuent, l’eau et l’air qui se polluent… Mais tant que je les verrai passer, je me dirai que tout n’est pas perdu et avec enthousiasme je crierai : « Bon voyage, profitez bien du soleil, à bientôt ! » Même si là j’admets que sur un si petit groupe la probabilité est mince. Heureusement, un second passage a lieu l’après-midi, un peu plus étoffé, l’espoir demeure.
Clameurs d es de ux cô tés
Pourtant, ce sont des insultes, des pires mots. ici on voit un dialogue déchiré. Cris l an cé s
Pourtant, c’est un affrontement douloureux. ici on voit des corps troués. Haines ex al té e s
Pourtant, ce ne sont pas des hommes en maillot de bain. ici on voit des commandos entraînés. Tirs l an cé s
Pourtant, ce sont des balles sifflantes. ici on voit des corps mutilés. Corps bar ric adé s
Pourtant, ce sont bien des prises d’otage. ici on voit des personnes se faire séquestrer. Deux camps o ppo sé s
Pourtant, ce sont des combats rancuniers. ici on voit de la cruauté s’exprimer.
On dirait, … comme un air de lendemain.
On dirait, … comme une trêve à la durable paix.
On dirait, … comme la paix en rêve.
On dirait, … comme un vieux cauchemar.
On dirait, … comme un rencard loupé à ma
22 novembre, ciel bleu, je suis alertée par les cris, puissants, nombreux. Les grues sont beaucoup plus que la veille, je m’émerveille. Les sons se font plus denses, d’autres groupes arrivent pour faire grossir le premier, j’assiste à un magnifique ballet et ne peut m’empêcher de pleurer.
23 novembre, première nuit de froid, timing impeccable ! Et quelle belle journée pour se préparer à l’hiver qui se rapproche. Un froid sec qui pique, un petit vent qui vivifie, et un grand soleil qui brille. On emmagasine la chaleur de l’astre au cours de la journée et le soir venu, avec un ciel étoilé qui annonce une fraîche nuit, c’est avec joie que l’on retrouve celle du feu… Que l’on savoure d’autant plus qu’on ne peut s’empêcher de penser à tous ceux qui n’ont pas même un abri.
Rêves de pa ix aban don n
Pourtant, ça sera peut-être à la saint glinglin. ici on voit la guerre à nouveau se déchainer. Amitiés e mp êc hé es
Pourtant, c’est bien l’espoir mis à l’arrêt. ici on voit la souffrance se ranimer. Espoirs d éc ou ra gé
Pourtant, c’est bien la montée des glaives. ici on voit encore des coeurs dévastés. Peurs r éve il lé es
Pourtant, c’est bien l’entente mise au placard. ici on voit la désespérance s’enraciner. Joies m us el ée s
bonne humeur. Pourtant, c’est bien un sentiment de stupeur. ici on voit encore et encore un monde meilleur s’envoler.
és
s
YOÉVA





