
Le 18 mars, l’association Kacalou, à Beaulieu, avait invité les cafés associatifs pour se « causer » : présentation, difficultés, projets se sont échangés afin d’ élargir les possibles, bref d’être plus forts ensemble. Valérie du Silo à Argentat, invitée aussi m’a raconté.
La variété au rendez-vous
Ils étaient neuf, neuf cafés assos présents, avec une large dominante en projet d’ouverture : « Alouette café », à Aurillac (15), un projet à Figeac (46) et un à Sainte-Sozie (46), le café asso de Souillac (46), La Locomotive à Vayrac (46). Deux ouverts : « Caf’Causse » à Assier (46) et Kacalou, un café concert de Florac, plus un café étrange d’entre deux chaises, avec une structure commerciale, mais qu’on dirait un café associatif, le Silo à Argentat.
Des situations très diverses, de quoi échanger sur les comment, puisque sur les pourquoi, tous s’y retrouvent : créer un lieu convivial, un lieu de vie, un lieu d’échanges, un lieu ouvert. Après, les déclinaisons sont variées.
« Caf Causse » d’Assier est adossé au centre social et culturel. L’imbrication entre les deux est très forte puisqu’il a été porté par un groupe de ce centre social et que de nombreuses associations s’y retrouvent. C’est un lieu collectif et participatif, avec un local mis à disposition gratuitement, une équipe de bénévoles engagée, des activités proposées par les associations, et un salarié est pris en charge par le centre.
Alouette café, à Aurillac, veut ouvrir cet été. Associatif, il est porté par les habitants du quartier et a reçu un accueil très favorable de la commune qui le soutient financièrement. Reconnu Espace de Vie Sociale par la CAF, il bénéficie de ses financements.
Le Matou de Figeac en sommeil, renaît avec une volonté collective de porter un projet culturel et associatif… soutenu par un mécène.
Kacalou est né lui de la volonté d’un groupe qui a porté l’acquisition d’un lieu, et son animation. C’est un lieu militant dans sa formalisation : pas de conseil d’administration, mais une gestion collégiale, des prix libres, pas de subvention. Un lieu qui vit grâce à l’implication de ceux qui le veulent et qui est très mal perçu par les institutionnels locaux.
Et, le Silo, entreprise privée, ouvert, accueillant, et dont la marque est la diversité du public, signe de son acceptation.
Des questions
Les projets ont répondu présents. Ils ont sont curieux d’échanger, de comprendre : la législation, les tarifs libres, l’implication des bénévoles, faire prendre « la mayonnaise » du rayonnement, et durer. Kacalou exprime très bien la difficulté de tenir essentiellement sur le bénévolat, sur le long terme. Ils souhaitaient faire une demande de reconnaissance comme « Espace de Vie Sociale », mais c’est actuellement gelé par le gouvernement.
Chacun ressent que les cafés sont accueillis favorablement lorsqu’ils sont portés par les habitants. Les cafés « classiques » perçoivent aussi souvent l’installation d’un café associatif comme une concurrence faussée. Ce qui perturbe leur installation dans le paysage local.
Se relier
L’idée est aussi de « se relier ». Les cafés associatifs veulent être acteurs là où ils sont, et ouvrir à l’alternatif. Mais ces lieux ouverts sur des plages précises, ressentent le danger de l’entre-soi. Ce qui dit autrement en moins joli, peut être synonyme de « fermé sur soi », se relier pour respirer, tant la diversité est grande.
Alors, se créer un dépliant avec adresses que chacun diffuse, et surtout, surtout, se créer un réseau pour se « passer » des artistes, qui avec plusieurs dates peuvent alors se déplacer, et ça franchement c’est pas bête. Plutôt que l’artiste se fasse le travail : on lui propose le réseau. Pas mal comme idée !
Et voilà ! Construire un lieu, un café, une association, la faire vivre, en sachant qu’aucune recette ne donnera l’esprit au lieu, cela nécessite bien des échanges pour se frotter aux esprits des uns et des autres : alors bravo à l’initiative !
Marie-Laure Petit




