
Je voulais faire une introduction. C’est mal à propos m’a t-on dit. L’introduction est désuète et très décriée de nos jours. Il y a d’autre façon de faire plaisir… Blablabla… Or je souhaite ardemment te faire plaisir cher public et instaurer ici la lubrique intimité nécessaire à nos propos partagés. C’est donc ce qui m’amène à te parler sans tortiller du chibre de ce qui risque d’arriver dès demain, en comptant sur un peu de « mâle-chance » évidement, aux lecteurs et rédacteurs majoritairement et inéluctablement vieillissants que nous sommes. Je veux parler d’une vraie maladie de mec : la maladie de la bite tordue.
J’ai bien failli avoir la maladresse de traiter de la question centrale de la taille mais cela aurait mis d’emblée une telle distance entre toi et moi que j’ai eu la sagesse, l’intelligence et la courtoisie de ne pas m’y jeter. Je sais aussi que l’hypertrophie de la prostate eut été plus fédératrice et que la crête de coq au parmesan aurait ravi les plus gourmets. Mais on ne peut pas tout avoir d’un même jet ! L’érotisme étant de surseoir à la consommation, je t’y invite nu que je suis, moi aussi, face à l’ampleur croustillante des maux du cul.
La maladie dont nous allons parler ici te ravira j’en suis sur. Elle est décrite par François Gigot de Lapeyronie, chirurgien et confident du roi Louis XV, qui lui donna son nom. C’est dire qu’elle ne date pas d’hier. Pour autant, les médecins n’en savent aujourd’hui pas beaucoup plus sur ses causes. Une hypothèse sérieuse évoque la somme de multiples micro-traumatismes lors de rapports sexuels comme facteurs déclenchant. Eh oui, il peut arriver que dans l’élan d’un coup de rein tout aussi fougueux que hasardeux, la proéminence turgescente s’écrase violemment à côté de l’orifice visé et préalablement lubrifié. Et l’ithyphalle en bonne forme ne peut pas se plier sans occasionner quelques lésions des fibres qui le constituent. Une cause probable, mais pas unique de la maladie qui nous occupe dont la description physiologique est celleci : la quantité de tissu fibreux augmente de façon anormale entre les corps caverneux de la verge (éponge qui se gonfle de sang lors de l’érection) et l’albuginée (membrane l’entourant). On constate alors la formation de plaques composées de collagène désorganisé et de fibrilles élastiques fragmentées, ce qui provoque une courbure phallique et l’apparition de douleurs lors de l’érection.
Le phénomène touche les hommes entre 45 et 65 ans, avec un pic vers les 53 ans. Cette maladie méconnue concernerait pourtant jusqu’à un mâle sur dix de cette tranche d’age. Elle débute en général par une douleur aiguë dans la verge au moment de l’érection. Une douleur qui peut durer entre 6 et 18 mois. C’est la phase infectieuse. Cette dernière s’estompe pour laisser place à la phase fibrose. C’est là que
16 – la trousse corrézienne n °32
le phallus se tord du côté de la plaque, souvent vers le haut, le sang ne pouvant plus remplir correctement le corps caverneux. La question essentielle est alors : jusqu’à quel point va-t-il se tordre le bougre ? Réponse au plus tard dans l’année… Ça peut se résorber tout seul (30% de chance), vriller de quelques degrés, ou encore faire un coude à 90°. La question devient alors très pratique. Plus de trente degrés de courbure et la pénétration devient un exercice compliqué. Et il s’ajoute à cela parfois un racornissement, un raccourcissement et une insensibilisation. Le choc psychologique est rude et parfois très violent.
Malheureusement, il n’y a pas vraiment de remède à ce mal du mâle. D’aucuns prônent une cure intense en vitamine E, ne serait-ce que pour calmer la douleur, mais les effets sur la courbure ne sont pas prouvés. D’autres encore invitent à masser l’organe avec des huiles du type amande douce… Mais, si trop d’angle, il n’y a pas d’autre choix que de trancher dans le vit ! L’intervention chirurgicale la plus courante est celle qui consiste à enlever de la matière de l’autre côté de la plaque pour rétablir la courbure de manière mécanique. Cette opération entraîne automatiquement le rétrécissement du priape de
trois à quatre centimètres. Il faut pouvoir l’accepter.
Reste que si l’on en croit le site raconte moi une histoire.com, le zizi tordu du roi Henri II ne l’a pas empêché de faire dix enfants. Pour autant, au début de son mariage avec Catherine, leurs relations n’engendraient pas. Une anomalie pour l’époque. Après consultation, les médecins constatèrent plusieurs problèmes dont celui du coude de la verge du roi. La recommandation fut de pratiquer la levrette. Une ordonnance qui porta ses fruits. Le sceptre royal devait s’incliner vers le sol, cette position sexuelle n’étant pas favorable en d’autres courbures. Une autre recommandation aurait été faite, elle, à la reine : se mettre des gousses d’ails dans le vagin. Si l’haleine devenait fétide, c’était alors que madame était fécondable. Un clin d’œil contributif, même aussi tardif à la première rubrique d’Il fait toujours chaud dans la culotte des filles (numéro 0 de LTC) qui préconisait ce remède contre la candidose…
Rendez-vous dans deux mois pour d’autres réjouissances masculines. Et en attendant, un seul conseil : vis ton vit !
Fred Alus




