Le nez enfoui dans son cou
je le caresse à pleines mains
Elles vont et viennent
et sous mes doigts écartés
les poils sont fins et serrés
je les rebrousse et ils laissent
apparaître la peau chaude, tendue, nerveuse
Je respire longuement
pour happer son parfum animal,
cette odeur de sous bois sauvage
je voudrais ne pas expirer
pour le retenir plus longtemps
Je le respire par goulées
savoureuses et affamées
Un léger tressaillement nerveux
exaspère parfois un point
sur la peau frémissante et soyeuse
A pleines mains je suis sous la caresse
les muscles puissants
et leur chaleur pénètre ma chaleur
Il ne bouge pas, se laisse faire,
c’est à peine si je sens quelque
impatience fugace vite réprimée
Nous venons de travailler ensemble
un long moment
Il a répondu à chacune de mes sollicitations dans une écoute pointilleusement attentive, intime
Nous sommes complicité et parfaite confiance
Je n’ai aucune crainte quand je me décide
à m’arracher à ces caresses pour l’enfourcher, serrer entre mes jambes son ventre rebondi, saisir le cuir souple des rênes et euphorique, rentrer au village au petit trot,
dans la douceur d’une fin de jour d’été…
janvier 2015
ghislaine guignier




