Ninioq est une très vieille femme à qui sa tribu a confié le soin de veiller au séchage de la viande et du poisson sur une petite île au large du fjord. Manik, son petit-fils préféré qui n’a que sept ans, la seconde. Mais l’hiver venu, la tribu ne vient pas les rechercher. Ils tentent de la rejoindre par leurs propres moyens, et trouvent le camp décimé, sans un seul survivant. Ninioq décide de revenir sur l’île avec Manik et d’y affronter seuls l’hiver. Être le dernier être vivant sur terre, voilà la hantise de Ninioq. Et que ce soit Manik qui doive être le dernier, plus encore.
C’est un regard que jamais nous ne poserions sur l’Histoire du Groenland que Jorn Riel nous permet de poser. Sur l’Histoire des peuples qui habitaient le nord-est du pays vers 1860, et qui disparurent. L’auteur nous conte une histoire crue et sans compromis avec la vie. Un morceau insignifiant de vies insignifiantes qui longtemps après la dernière page hante nos pensées. On n’oublie pas Manik et Ninioq.
Pascal Brette



