
Souvent des hommes blancs, mais parfois des femmes et/ou des personnes non blanches, les héros portent des collants, des capes, des armes et d’autres accessoires puissants. Un être mythique qui peut utiliser ses super-pouvoirs pour sauver les faibles des catastrophes naturelles et des ennemis maléfiques. Ce sauveur existe dans de nombreuses cultures à travers le monde, mais d’après le livre Au commencement était… – Une nouvelle histoire de l’humanité de l’anthropologue David Graeber et de l’archéologue David Wengrow, pas avec la même cote de popularité. En effet notre culture occidentale est très pro-héros.
L’étymologie commence par ses racines latines et grecques, généralement défini comme demi-dieu, et d’origine obscure ou inconnue. Le Dr Lewis Gordon 1 affirme que, souvent les mots latins et grecs d’origine inconnue ont en fait des racines africaines. Le linguiste Asar Imhotep 2 soutient qu’une version du mot héros peut être trouvée dans l’ancien mot africain heru qui est le nom d’un « dieu » à tête de faucon. Longue est la liste de mots européens que les chercheurs comme Cheikh Anta Diop 3 et Martin Bernal 4 font remonter à l’Afrique. Mais la culture eurocentrée préfère ignorer ces données plutôt que de risquer de diluer son hégémonie.
Aujourd’hui les images de nos héros ne se limitent pas à l’art mural, la sculpture ou le papyrus. Nos héros sont partout, dans la publicité, les poupées et les livres, dans des films et d’autres formes de médias diffusés sur des écrans grands et petits. Batman, Spiderman, la liste ne cesse de croître.
En tant qu’adulte qui se débat maintenant pour ne plus voir le monde à travers le prisme que les riches et les puissants préfèrent, je réalise que les héros bien-aimés que j’ai vus « combattre le crime » pendant mon enfance ne sauvent pas le monde mais rétablissent les déséquilibres injustes créés par les riches et les puissants. En d’autres termes, mes héros posant étroitement vêtus, musclés et graves, maintiennent l’ordre établi.
Pendant la plus grande partie de ma vie, je n’ai pas rencontré de héros qui ne s’intègre confortablement dans ce paradoxe. En tout cas jusqu’à ce que je regarde la nouvelle série de Boots Rileys, I’m a virgo. Une série sur un homme noir de 4 mètres de haut à Oakland en Californie. Ce jeune homme devient l’ennemi
KAMAL ROBINSON





