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Le fait est largement abordé dans la plupart des média : nos libertés, pourtant constitutionnelles, sont largement restreintes ces temps-ci, sous couvert de crises en tous genres qui, si elles sont bien réelles pour la plupart, servent allègrement de prétexte pour que nos dirigeants prennent des décisions chaque jour un peu plus contestables. Ainsi, seul le dossier de la menace terroriste donne désormais lieu à entendre que la liberté d’expression est un droit démocratique sacré. Mais pour tout ce qui concerne le contexte social, il en va tout autrement : manifester pour la défense de la sécurité sociale, de la fonction publique ou de l’assurance chômage est un droit d’expression aujourd’hui largement mis à mal, ne serait-ce que par les insupportables violences policières pilotées par un État autoritariste et dont témoignent les nombreuses images sur les réseaux sociaux. Et puisqu’il faut bien trouver une solution à ce problème dans une société qui se veut être un exemple de démocratie, la voici désormais sur la table : loi sur la Sécurité globale interdisant, entre autres, de partager les images de nos policiers dans l’exercice de leurs fonctions ! Du grand n’importe quoi à tendance facistoïde, validé par une population en grande partie amorphe et en tous cas incapable de faire face à cette déferlante pseudo-sécuritaire.
Toutes les rues de toutes nos villes ne sont cependant pas encore équipées de caméras infra-rouge. Alors, en attendant que chacun de nos pas soit filmé par des drones bientôt omniprésents (projet inscrit dans la même loi), certains profitent encore un peu des espaces de liberté qu’il leur reste pour s’exprimer sur les murs de grisaille, si bien que la moindre balade en ville, à Tulle, à Brive, à Limoges ou ailleurs, pour peu qu’elle soit autorisée (…), permet aujourd’hui encore d’aller à la rencontre de bons mots, véritables expressions politico-poétiques, comme autant de vestiges d’un monde libre en voie de disparition. Merci à toi qui écrivit ainsi à la bombe au printemps dernier ce « Aujourd’hui les gestes barrières, demain les gestes barricades » dont je me délecte désormais chaque jour, l’ayant
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poésie est dans la rue
immédiatement ramené dans mon chez moi. Merci à toi aussi qui, en plein mouvement de grève contre la scandaleuse réforme des retraites dont le seul objectif, pour l’avoir décortiquée jusqu’à la moelle, est de paupériser encore davantage la population vieillissante, écrivit ce simple « En grève jusqu’à la retraite ! », témoin d’une époque où le travail n’a souvent plus aucun sens. Et que dire de ce malin « Gilets au bout de mes rêves » qui raconte en quelques mots tout l’espoir qu’à pu placer une population désespérée dans le mouvement des Gilets jaunes ?
Oh je sais bien que ces quelques lueurs d’intelligence n’ont rien à voir avec du Baudelaire ou de la grande poésie, mais je voulais vous rendre ici hommage à vous, militantes et militants artistes de nos rues surveillées, bien que désormais régulièrement désertes, par la force des choses.
11/12/2020 16:08
actarius





