
Arpenter le causse avec ce soleil printanier, quel bonheur ! Toutes les fibres de mon corps frétillent à l’idée de recevoir la vitamine D ! Elles jouent des coudes pour passer les premières, je les sens tellement heureuses que je dois avoir le sourire du ravi provençal ! La campagne est en couleur : jaune des coucous, violet des violettes, blanc des buissons de pruneliers, rouge des coquelicots et là, caché sous des touffes de carottes sauvages, le lierre terrestre avec ces timides fleurs bleues en calice, arrêt obligatoire, pour en cueillir, je fais des infusions à Björn pour calmer sa toux. Pendant que je ramasse la plante, mon regard est attiré par une orchidée qui commence à éclore, c’est la première que je vois de l’année et j’espère que ce n’est pas la dernière. Je remplis mon pochon de lierre terrestre et je repars. Les oiseaux sifflent, gazouillent, se répondent, s’interrogent, chantent en chœur, en solo, j’aimerais tellement savoir siffler pour discuter avec eux.
Chemin faisant, je réfléchis, je cogite, je songe à ce que j’ai à faire au jardin… Pendant que nous étions en Provence, les adventices ont poussé presque plus vite que mes pois gourmands, je vais être obligée d’arracher les herbes indésirables. Björn a butté les fèves, il est entrain, pendant que je me balade, de préparer le terrain pour que je puisse planter les pommes de terre, semer les pois ridés et les haricots verts. Le coin des aromatiques commence la fleurir, c’est le romarin qui ouvre le bal, la sauge se réveille doucement, la sarriette et l’hysope grandissent. Le laurier sauce est magnifique, seul le thym a triste mine cette année, je crains qu’il n’y ait une balme sous ses racines et avec toute la pluie qui est tombée, que l’eau se soit accumulée… et le thym n’aime pas cela ! Je vais déplacer un pied sur deux et attendre pour voir comment réagissent les plantes. Quant aux herbes : persil, ciboulette, estragon, coriandre, rien à signaler, les semis de basilic sont beaux, à la fin du mois, je les repique… Pas belle, la vie ?




