
chroniques démasquées… locales & tatouées
L’hiver est ma saison préférée. À l’heure où les fleurs se font rares, croiser en balade véronique, pâquerette, inquiétée quant à sa rigueur. Ce n’est pas ostentatoire, mais bizarre, pas vraiment l’hiver, pas non plus le printemps. Les températures sont douces, la végétation tente de somnoler à défaut de sommeil profond. J’ai la chance d’admirer les fleurs dessinées par une amie sur mon abri de jardin, en attendant le tableau naturel à venir, leurs couleurs me donnent de la gaîté et améliorent mon humeur. Je vais tenter de voir le bon côté des choses.
20 – LA TROUSSE CORRÉZIENNE N° 46
pissenlit et pervenche
Grâce à un peu de pluie au début de la saison (trop peu évidemment), les lits des cours d’eau m’a se sont remplis doucement et nous avons eu cette année un peu de chance, l’hiver, le vrai, avec ses températures négatives, est venu nous rendre visite. Quel plaisir ! Lors d’un atelier d’écriture au Café du Tilleul 1 , la consigne un soir fut de composer des haïkus (poème japonais en trois vers de 5, 7 et 5 syllabes). L’un des miens : « Hiver Neige Froid C’est trop bon quand tu es là Reviens n’oublie pas » On m’a traitée de masochiste ! Et pourtant, comme j’aime le froid sec, l’air que l’on sent sain, les sols gelés craquant sous mes pas, les ciels étoilés, le soleil, quand il est là, semblant
dégager une chaleur incroyable. Et la neige ! Que dire de la neige ! Que ça m’a fait drôlement plaisir de la voir ! D’autant plus que je suis arrivée à temps au pré de mes chevaux, avant que le fil électrique ne touche le sol, ployant sous le poids et risquant d’offrir la liberté à mes équidés régulièrement). Ce fut bref, mais comme chaque fois ce spectacle m’illumine. En ces temps où les saisons deviennent chimères, où l’hiver semble disparaître, en voir les manifestations ne peut que me remplir de joie. Au souvenir des enfants du village à la luge et du fou rire qui nous a accompagnés, un sourire se pose sur mes lèvres. Je suis obligée de me concentrer sur ces détails qui rendent la vie joyeuse, au risque de devenir folle si je m’attarde sur tout ce qui dysfonctionne dans notre monde absurde. J’espère avoir réussi à vous plonger un instant dans la douce sensation de gratitude envers la vie, c’est notre seul moyen d’encaisser les coups bas. Je ne peux m’empêcher de conclure par des mots un peu moins enthousiastes : depuis que j’ai écrit la première version de cette chronique (pour une fois avec un peu d’avance), la météo est inquiétante. Il n’est plus question ni de pluie ni de neige, le temps est ce que l’on appelle beau, le soleil est puissant, trop pour un mois de février, les températures sont excessives, le vent assèche le tout. Le bruit de chutes des arbres morts devient familier, les feux de végétation ont déjà commencé, à nouveau le niveau des cours d’eau diminue… mais qu’estce qui nous attend ? Vouloir écrire sur la météo était forcément voué à une chronique chaotique. Désolée, faut s’habituer au grand n’importe quoi. Cela me fait penser à la chanson d’Arthur H, Carnaval chaotique, son délire sonne tel un chant chamanique, c’est peut-être une solution, se mettre à danser pour la pluie.
Café associatif à Saint-Martin-la-Méanne ; l’atelier est 1 ouvert à tous le lundi à 18 heures.
(qu’ils s’octroient
cela dit





