
chroniques démasquées… locales & tatouées
Aïe aïe aïe, panique, c’est l’heure d’écrire ma chronique. Il y a trois mois, j’vous ai promis d’la joie, j’vais faire c’que j’peux ma foi. Mais en vérité, je suis en colère, espérons-la pour ces vers, bonne conseillère… Je reste local, car à l’international, pour sûr on s’tire une balle. Ce n’est certainement pas Noël et ses paillettes qui vont m’aider à tourner mon esprit à la fête.
société
12 – LA TROUSSE CORRÉZIENNE N° 45
Cependant, en raison de l’inflation, nous assistons à une augmentation de revendications salariales de la part d’employés qui ont pourtant souvent – pas toujours – les moyens de vivre décemment. Le 16 octobre 2022, la Nupes organisait même à Paris une manifestation « contre la vie chère ». Est-ce un mot d’ordre adapté à la situation, tant écologique que sociale ? Ne serait-il pas plus approprié de revendiquer une meilleure répartition des richesses ? Ce combat est-il implicite dans ce mot d’ordre ? Quoi qu’il en soit, puisque nous consommons collectivement trop, une répartition plus équitable des richesses répondraitelle aux enjeux écologiques de l’époque ? À l’évidence, non. Que le trop soit bien ou mal réparti change peu les effets de celui-ci (1) . Elle est nécessaire pour des raisons sociales mais ne répond pas à tous les enjeux. Il faut alors une décroissance de l’économie assortie d’une politique égalitaire pour atteindre des niveaux de production et de consommation adéquats d’une part, la fin de la pauvreté d’autre part. Suivra alors l’a-croissance, l’absence de croissance. Donc, lorsque la Nupes associe à sa revendication « contre la vie chère » un « contre l’inaction climatique », nous pouvons douter de la cohérence de la démarche. Que les classes populaires soient victimes de la politique macronienne ne permet probablement pas de considérer cet appel comme adapté à la situation générale. Si l’on peut admettre que les syndicats fassent leur la défense du « pouvoir d’achat », un mouvement politique ne doit-il pas proposer une vision plus vaste et cohérente ? Une revendication basée sur la consommation et la possession matérielle correspond-elle à la civilisation dont nous voulons, sachant d’ailleurs qu’elle est incompatible avec les limites écologiques ?
S’il n’y a plus de yachts ou de jets privés mais que des milliers de personnes achètent de plus grosses voitures, cela ne règlera pas le (1) problème. C’est le trop d’argent qui permet par exemple de faire construire une piscine privée.
On utilise pour manipuler les gens la peur des restrictions, et pourtant sont de sorties les lumières et les cotillons. Le moral du peuple est au plus bas, si on lui enlève ses plaisirs de consommation il se pourrait qu’il pense trop à la rébellion. Ce qui n’arrangerait pas le grand manitou de la Nation. On nous ment et ça me met vénère, sont toujours vendus des poulets dits de plein air. Les bêtes sont enfermées depuis belle lurette, l’appellation reste muette. L’élevage industriel, source du problème, devient la norme et on
Réduire les inégalités ne suffit pas Par CHRISTOPHE GIBIAT Nous pouvons difficilement nier l’impossible découplage entre le niveau de production de biens et services et les émissions de gaz à effet de serre. Plus nous produisons et consommons, plus nous dégradons les conditions de vie sur Terre. Actuellement, en France, nous dépassons très largement, sur notre territoire et au-delà via les importations, le niveau admissible d’émissions. Nous produisons et consommons trop. Puisque les habitants du pays ont les moyens de consommer trop, nous pouvons déduire que celui-ci est trop riche, possède trop d’argent.
laisse crever les paysans qui préfèrent des bêtes en forme. Adieu sobriété et cheptels à taille humaine ! Pitié, sors de l’arène, monde cruel ! La même logique, on centralise la gestion de l’eau et peu sont ceux qui tiquent (1) . Comme pour la Vézère, la centralisation prospère. Bientôt un seul point de captage pour la Xaintrie, qu’on nous dit à notre avantage. Adieu la gestion des nombreuses ressources qu’offre le territoire. On tente de déjouer la nature et on nous fait croire que pour tous il y aura toujours à boire. Et cette charmante scierie Farges (2) , non mais sérieux ils sont complètement barges ! Ils vont faire quoi les gars quand des forêts en Limousin il ne restera rien ? Importer, pour ensuite exporter, parfois au même endroit, en utilisant une énergie qui va à manquer et que le bois est censé venir remplacer ? En quoi cette énergie est durable si rase est la table ? L’humain va-t-il mourir avant de tout détruire ? Espérons-le, car c’est la seule chance pour la Terre de redevenir une sereine Mère. Pourvu qu’elle se contente ensuite d’offrir l’hospitalité aux espèces en capacité de la respecter et recycler toutes les merdes qu’on aura laissées. Je sens à quel point la colère fait monter la pression dans mon corps, mes viscères. Je cherche du réconfort. Les contrariétés n’ont rien de bon pour la santé. J’écoute le feu crépiter, tourne la tête vers la fenêtre qui m’offre pour tableau un léger rideau de pluie et un bout de forêt. Émotion devant cette beauté qui m’apaise malgré la gorge serrée tant j’ai conscience que tout ça va devenir de plus en plus rare. La pluie et les arbres. Malaise.
Je vous conseille d’aller voir le résumé de l’enquête (1) citoyenne : https://ecxvd.wordpress.com. Lire aussi l’article « Xaintrie-Val’Dordogne, l’enquête citoyenne » page 16 [ NDLR ]. Voir La Trousse n° 44 [ NDLR ]. (2)





