« En démocratie, la meilleure façon d’allouer des ressources n’est pas la main invisible du marché, mais la délibération des différentes parties en présence ». Cette idée simple mais subversive exposée par Eric Dacheux (1), vient éclairer le sens de nos actes… Et nos actes alimentent cette pensée. L’objet du Battement d’ailes est de bousculer et d’interroger nos pratiques au quotidien. Impossible, se faisant, de ne pas tomber sur oikonomos, économie en grec : des normes de la maison. Il nous est vite paru insensé de penser notre rapport aux autres, à notre environnement, sans contester les normes d’une économie libérale qui n’a que faire du vivre ensemble. C’est de ce constat qu’a germé notre façon de faire de l’économie. Elle n’a pas été décrétée par notre statut d’association. Elle est volontairement « solidaire ». Elle ne se confond pas avec « social ». Elle n’est pas palliatif aux affres de l’existant mais proposition d’avenir. Eric Dacheux la nomme de façon plus explicite Délibéralisme. Un jeu de mot qui s’entend comme alternative au libéralisme et qui propose la délibération comme principe régulateur. Et à la place de l’intérêt égoïste et calculateur de l’individu, la réciprocité. Les croyances en la croissance infinie, en l’autorégulation des marchés tombent. A leur place s’offre la possibilité de penser la sobriété et de mettre en œuvre la délibération collective comme mode de régulation. Une utopie qui donne de l’allant pour mettre en œuvre. L’économie que nous pratiquons, au Battement d’ailes, ne fait pas fi de cette complexité. Elle articule une dimension commerciale (prestation de services et production), une dimension d’intérêt collectif (participation au développement d’un pays), et une proposition politique (conception de nos liens à autrui et à l’environnement). Elle n’est pas le simple produit d’une adaptation à l’existant. Elle se définit et s’ajuste tout les ans en fonction des projets, des usagers et de nos besoins. Elle refuse d’être conditionnée par des règles « hors sol », défend la production locale et ne s’empêche ni mutualisation, ni bénévolat, ni troc. Elle vise le revenu universel en place d’une rémunération à la tache ou à l’heure. Entre autres choses… Tout ceci est en chemin ici et ailleurs. De nouvelles voies sont à construire par l’expérimentation et à la lumière des théories naissantes. Pour sortir de l’impasse de « la crise économique » qu’on nous vend… bien chère !
- 1 Cet écrit a été emprunté à l’association Le battement d’ailes pour l’occasion.
- 2 http://www.huffingtonpost.fr/eric-dacheux/economie-solidaire-source-nouvelle-theorie-economique


