En pleine ville, tout près du centre historique de Brive, réside le 126ème Régiment d’Infanterie. Logé dans les casernes Brune et Laporte, celui-ci participe actuellement à la plupart des opérations militaires. Qu’elles aient lieu soient sur le territoire national ou à l’étranger. Alors, c’est quoi le 126 ?
Cela peut sembler incongru d’évoquer un régiment d’infanterie. Depuis la fin de la conscription obligatoire en 1996, les jeunes générations n’effectuent plus « leur »service militaire. Tout juste la Journée d’Appel de Préparation à la Défense et maintenant la Journée Défense et Citoyenneté. Sans juger de la pertinence de cette réforme, il est évident que le rapport des Français avec l’armée évolue. Elle n’est plus un passage obligé, avec les cohortes de bons ou mauvais souvenirs. L’armée, dans le même temps, connaît de profondes restructurations. En terme d’effectifs, c’est flagrant (RGPP oblige). Nombre de petites ou moyennes villes ont vu leur caserne fermées du jour au lendemain. Ce sont souvent des centaines de familles qui partent, avec un impact négatif sur l’économie locale et les services publics. A Brive, cela n’est pas (encore) le cas. Le 126ème régiment, tout le monde sait qu’il est là. Mais c’est quoi au fait ?
C’est un régiment de l’Armée de Terre. Créé en 1793, il est implanté à Brive depuis 1907. Ses membres sont appelés Bisons (futés?). Sa devise est « Fiers et Vaillants ». Son colonel se nomme Mollard. C’est vraiment l’armée, avec sa dose d’humour tragique. Composé de 1200 hommes, il est mobile (intervient sur différents fronts), polyvalent (dans sa composition et ses missions). Il se déplace pratiquement entièrement en avion. Ses hommes sont réputés pour le combat rapproché, en zone urbaine. Suivre ses engagements de ces dernières années, c’est suivre la politique de guerre de la France.
Les Bisons se sont rendus en Afghanistan (2002, 2006, 2008 et 2010). En Bosnie-Herzégovine (1992, 1998, 1999). En Côte d’Ivoire, République Centrafricaine et Sénégal en 2000, 2001, 2004…Dernièrement, des soldats du 126 étaient au Mali dans le cadre de l’opération Barkhane. Et participent au plan Vigipirate et Sentinelle.
Son implantation à Brive reste réelle. Mais la caserne Brune, siège de ce régiment, est en pleine transformation. L’armée vend ses biens, dont ses terrains. L’espace cédé est de 4,5 hectares. 1,5 hectares devront suivre en 2020. Ses trois bâtiments seront conservés et transformés en logement ou en sièges de diverses entreprises. La place d’arme devrait devenir un espace vert de plus de 5000 m². C’est le souhait de l’ancienne et de la nouvelle municipalité d’en faire un nouveau quartier, moderne. L’architecture de rénovation d’un des bâtiments, en façades de verre et de béton, donne le ton. On évoque aussi un « éco-quartier. Le sort du 126 impactera à coup sûr le futur paysage urbain briviste. A suivre prochainement…
Dersou Ouzala




