
Les yeux de Constance brillent au soleil. Assise sur un mur de pierres sèches, elle contemple la vallée de son histoire. Elle profite du soleil quand il est là. Et quand il pleut, elle danse Constance. Elle met du soleil dans sa maison avec un air d’accordéon : « pardi la lecture n’a jamais été mon fort. La télé, je la zappe comme diraient mes petits enfants ! » Elle se fie plus aux oiseaux qu’aux infos. D’un revers de la main, elle balaye Paso Doble et Tango : « pfff ! Ces danses de nos jours ne valent pas la bourrée de nos campagnes. » Elle les trouve ridicules et sans intérêt. Elle préfère taper du pied que taper du poing sur la table. Ce sont les bons à rien qui moulent du mauvais grain en criant plus fort que leur moulin. Elle aime le silence des tendres, pas celui des gens qui n’osent pas dire le fond de leurs pensées : « ceux là, mieux vaut pas qu’ils croisent mon regard, je les cloue sur place jusqu’à ce qu’ils soient corrects avec la vérité. » Elle n’a pas de devise. Elle n’ira pas au cimetière comme ses ancêtres. Pas de pierre tombale. Elle sera la première aïeule à se faire incinérer : « c’est moderne ça ! » Les cendres iront dans son jardin. « La vie, la mort ça doit être simple. » Pas la peine de se mettre la rate au court bouillon dira-t-elle en souriant aux corneilles. Le silence est d’or dans notre conversation. Elle pétille au soleil, et c’est un vrai plaisir de se retrouver là. Ce jour, mon humeur d’un monde meilleur est à portée de main. Une main tendue vers l’horizon : « tu vois là-bas, cet arbre, avant j’y montais. Maintenant, je reste à terre, mais je m’envoie en l’air juste avec ce qu’il y a dans ma tête et dans mon cœur. »
Yoéva





