
2017 va-t-elle revoir le gaz de schiste sur le devant de la scène ?
Par Pascal Piveron
Pourquoi se poser la question maintenant ? Quelques événements récents sur la scène nationale et internationale n’incitent guère à l’optimisme. L’élection aux USA du climato-sceptique Trump devrait redistribuer les cartes de l’énergie et inspirer peut-être d’autres dirigeants se sentant encouragés par l’exemple d’outre-Atlantique. Chez nous, même après l’élimination de Sarkozy aux primaires de la droite, restent en course des candidats dont le moins que l’on puisse dire est que leur position n’est pas ouvertement défavorable aux gaz de schiste.
Ne nous y trompons pas, le renoncement scellé par la loi Jacob l’a été sous la pression des populations et la loi ne garantit pas, loin s’en faut, notre tranquillité. Le « cheval de Troie » du prétexte de la « recherche » est sans doute l’outil le plus menaçant. Ouvrez-leur seulement la fenêtre, ils entreront en force. Pour preuve, les multinationales françaises qui opèrent dans le domaine des hydrocarbures et de la chimie ne cachent pas qu’elles attendent beaucoup des présidentielles. Plusieurs géants du secteur comme Total, Engie et Vallourec se sont regroupés en 2014 pour créer le Centre pour les hydrocarbures non-conventionnels (CHNC), un organisme de documentation et d’information sur les gaz de schiste. On ne peut pas dire qu’ils cachent leur jeu ! Président de cet organisme, Jean-Louis Schilansky, également à la tête du MEDEF Paris, prétend ne pas vouloir mener d’action de lobbying mais ajoute que « Ce centre a été créé en réaction au débat beaucoup trop passionnel qu’il a pu y avoir autour des gaz de schiste en 2011. En perspective des élections présidentielles, nous voulions aussi qu’un organisme soit capable d’éclairer les hommes politiques sur le sujet. »… On joue sur les mots ! Si nos politiques sont éclairés au gaz par Mr Schilansky, nul doute qu’ils auront l’oreille attentive et complaisante.
Autre preuve, l’obstination avec laquelle Total s’est battu pour récupérer son permis de Montélimar (une zone de 4732 km2 couvrant trois départements) qui avait été abrogé en 2011. En janvier dernier, la justice le lui a rendu mais l’État a fait appel, affaire à suivre, mais pourquoi insister pour récupérer un permis si on n’a pas l’espoir de l’utiliser ?
Autre indice de la persévérance et de l’appétit des industriels : 136 nouvelles demandes sont en cours d’examen au Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie.
Et il n’y a pas que cela : le 18 novembre 2016, le tribunal administratif de Pau a sommé le Ministère de l’Environnement d’accorder un permis de recherche d’hydrocarbures à un foreur australien1.
Dernier épisode en date et non des moindres, une « proposition de loi portant adaptation du code minier au droit de l’environnement » qui ouvre toutes grandes les portes de l’exploitation minière en France et donc, potentiellement, celle du gaz de schiste1. Cette proposition de loi mérite mieux que ces quelques mots tant elle représente une menace.
En attendant, restons convaincus que ces hydrocarbures non conventionnels doivent rester dans le sous-sol et sachons ne pas baisser la garde !
Pascal Piveron





