
Bientôt une Machine à fric
« Reprendre la main, ici », proclame, dans son Manifeste pour la surnommée Machine à fric, le collectif à l’origine du projet. « Nous souhaitons reprendre le territoire qui a été capté par les logiques gestionnaires et capitalistes. » Rien moins.
Quelques dizaines de personnes, peu ou prou, ont contribué assidument ou non à la conception de ce qui s’appellera la Machine à fric ou MAF.
De quoi s’agit-il ? Il est question de constituer, à partir d’apports financiers volontaires de particuliers, sous forme de dons ou de prêts, une caisse solidaire pour aider des projets individuels ou collectifs, des personnes en difficultés financières, faciliter l’achat de matériel ou véhicules mutualisés, pour ne citer que quelques exemples. Sans entrer dans le détail des modalités de fonctionnement de cette MAF, le principe fondamental à retenir repose sur l’horizontalité du système : pas d’instance instituée pour sélectionner les demandes, d’ailleurs, il n’est pas question de sélection au sens de choix selon des critères prédéfinis.
Outre que cette MAF s’affranchira de tous cadres qui rappellent le fonctionnement des institutions publiques et privées qui délivrent habituellement des subventions, des aides de tous poils ou des prêts, elle entend favoriser un autre rapport à l’argent (et à la propriété), qu’on en dispose de beaucoup, d’un peu ou de presque pas. « Nous allons tisser un autre espace commun, au même endroit, avec nos propres moyens et nos propres liens. »
Le 18 novembre dernier à Tulle, c’est une bonne quarantaine de personnes qui se sont retrouvées avant l’acte décisif de constitution de l’association éponyme. A suivre dans nos colonnes.
SCoT corico !
Le 16 novembre, déléguée par la fédération Corréze Environnement, je participe à des ateliers de concertation visant à apporter « notre contribution » à la rédaction du diagnostic préalable à l’élaboration du Schéma de Cohérence Territoriale (S.Co.T.) de la communauté de communes Xaintrie-Val-Dordogne. Le SCoT est un document qui définit « un projet de territoire » (1) sur le long terme. Cocorico, Xaintrie-Val-Dordogne concerte !
Un travail en trois ateliers s’organise. Des explications sont données, l’ensemble est clair. Parfait.
Sauf que, installée à un atelier en début de séance, le tour de table m’apprend la présence d’EOLFI (ceux qui construisent les éoliennes controversées). Je ne connaîtrai pas ceux qui participent aux autres tables.
Et surtout il n’y aura pas de compte rendu.
Aie, aie, aie : pourquoi pas de présentation précise de la méthode et du choix des acteurs présents, surtout en présence d’EOLFI ? Pourquoi pas de compte rendu ?
Le B.A.BA d’une concertation apaisée c’est clarté, transparence et compte rendu ! Je le sais, je l’ai enseigné.
Et concertation n’est pas consultation.
1 – courrier d’invitation
C’est un beau projet !
Le Département fait sa « Réserve de biodiversité ». Enfin, son premier Espace Naturel Sensible (ENS), alors que la loi existe depuis 1976. Sur le site des « gravières » d’Argentat-sur-Dordogne, site industriel d’extraction de granulats, acquis en 2018. Le département se colore en vert : il est dans sa totalité retenu territoire pour expérimenter un Contrat de Transition Ecologique (CTE) dont le programme a été voté à l’unanimité par le Conseil Départemental du 6 juillet.
L’ENS, pardon, la future Réserve de biodiversité est une fiche action. Même que maintenant il y a un Comité de Pilotage, un CoPil comme disent les gens initiés, et ben vous savez quoi ? Les seuls qui représentent la commune, c’est la Mairie. Le reste des habitants ? Pff, quoi les habitants ? C’est nous qu’on sait c’qui est bien pour eux. Point final.
Les habitants ceci dit, c’est comme la nature, à trop les forcer, on se prend une tempête. C’est bête parce qu’en plus globalement ils sont plutôt d’accord. Voudraient juste participer. À quasi cinq millions d’Euros, c’est trop demander ?
Ne nous lâchez pas la main
Face à des jeunes étudiants soucieux de leur avenir, qui s’inquiètent de réformes inégalitaires, se construisent une conscience politique et se sentent citoyens légitimes, la réponse du gouvernement durant ces derniers jours s’est souvent traduite par des violences policières aveugles aux messages et à l’âge de ceux qui les portent.
Et pourtant, si l’on en croit la proviseure du lycée René Cassin à Brive, dans un courrier adressé à tous les parents d’élèves, la « mise en danger » et les « risques » ne viennent pas des interventions policières ultra-répressives, mais bien du fait de « rassemblements qui ne semblent pas toujours organisés, ni encadrés. »
N’essayez surtout pas l’auto-gestion, les petits, et encore moins l’insoumission, c’est vraiment trop dangereux ! Prudence, restez bien sages, et laissez l’avenir se construire sans vous, c’est mieux comme ça.



