
Annie Le Brun s’insurge contre la perte du sensible, la disparition de l’espace dédié à l’imaginaire, le « retournement du langage », la dénaturation des mots (« l’appellation ne sert plus qu’à pallier l’absence de ce qu’elle désigne »), le « blanchiment des idées », la confusion des valeurs, le relativisme culturel, le formatage de la culture qui en perd tout contenu et surtout sa dimension sensible, etc. L’apparente dispersion des dénonciations d’Annie Le Brun n’est qu’impression : son ouvrage constitue un ensemble cohérent. S’élevant contre l’air du temps, la perte du sens, elle met au jour les idéologies invisibles de l’époque, et interroge finalement notre présence au monde. Et certaines analogies entre nos univers mentaux et notre environnement physique a priori surprenantes prennent sens.
Christophe Gibiat




