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La Trousse Corrézienne

LTC 56 · 1 février 2026

Des humains et le vivant sauvage

Des humains et le vivant sauvage — La Trousse corrézienne n°56

J’ai vu une chose étonnante ! Au Népal, j’ai vu des maçons façonner des trous dans le haut des murs pour favoriser l’installation des oiseaux en recherche de cavités sécures. Pour ces hommes, dont le savoir-être les enjoint à s’envisager comme des expressions du vivant parmi d’autres, anticiper la nidification tombe sous le sens. Cohabiter, coopérer, respecter les autres vies, est inscrit en eux par la culture qui les soustend. Carmen Munoz Pastor et Vincent Primault, installés en Creuse, sont naturalistes et militants pour le vivant sauvage. Ils nous racontent quelque chose d’approchant dans leur documentaire La part du loup, que j’ai pu voir le 9 septembre au Battement d’Ailes.

Ce soir-là, ça sentait bon le petit plat mitonné sur la colline de Lauconie, ça galopait d’enfants et de chiens, tandis que dans le jour finissant se préparait la projection du documentaire. À dix minutes de l’heure de la séance, la grande salle vide s’est soudain animée. Les chaises ont été amenées, les câbles tirés, le projecteur ajusté, les brochures d’information disposées et les spectateurs ont investi le lieu. La séance avait attiré des personnes très différentes, d’âge et de provenance éclectiques, plus d’une cinquantaine. Et pourtant, point de distance dans les regards ou les attitudes, plutôt une sorte de proximité, des sourires, de la fluidité dans les mouvements et les échanges. Le documentaire qu’ils s’apprêtaient à partager les aurait-il déjà réunis ?

Carmen Munoz et Vincent Primault, tous deux naturalistes, versés dans l’observation du vivant sauvage, connaissent bien le loup gris dont ils ont suivi le retour naturel en France depuis l’Italie, il y a maintenant 33 ans. En 2017, des loups en dispersion, recherche de territoire, avaient été signalés en Limousin. Et en 2021, c’est un jeune loup mâle qui a retenu leur attention. C’était le tout premier individu en dispersion qui tentait une installation, durable ou non, sur le plateau de Millevaches. Ils l’ont filmé, photographié, ont compilé des informations. La confirmation de sa présence deux hivers consécutifs attestait qu’il avait bien choisi de s’établir sur le territoire.

Bien que la région se soit préparée au retour du loup depuis 2017, que de réunions en concertations alimentées par de robustes informations naturalistes, un groupe-loup ait été créé, en 2023, le jeune loup est sèchement abattu. Ce que décrivent Carmen Munoz et Vincent naturaliste La Cardère 1 n o 11 à ce sujet, c’est l’emballement des journalistes et des élus, c’était à qui se montrerait le plus bourrichon contre le loup. Ce sont « les projections hasardeuses des médias La Montagne et France 3 Limousin, écrivent Carmen et Vincent, les envolées va-t-en guerre, notamment celle du président de la Coordination Rurale, qui ont emporté le morceau… « la solution c’est le poison et le plomb. On invite les agriculteurs à prendre leur fusil de chasse et à tuer le loup sans rien dire » ». Les poème Dominant Par FJM À toi le dominant, Ou qui se prend pour… Saches que… Ce n’est pas avec tes paroles que tu vas garder le contrôle, Ce n’est pas en manipulant que tu seras charmant. Tu verras que l’Univers fera son taf, et que tu pourras toujours essayer de gratter, tu finiras par te moucher. Mais au fond je me demande, moi, ce que tu cherches à contrôler ? C’est pour cacher la vérité ? Celle qui te pend au nez ? Qui va te faire des croche-pieds ? Ou des pieds de nez ?

Local

connaissances, la réflexion, la raison, pragmatisme n’ont pas eu voix au chapitre.

C’est ainsi qu’est né La part du loup. Parce qu’en relevant la tête, en regardant juste à nos frontières, Carmen et Vincent ont découvert une autre réalité, une tout autre histoire qui se tisse entre les loups et les humains. En Italie, le Parc national des Abruzzes existe depuis plus de cent ans. On y trouve une cinquantaine d’ours bruns, autant de loups, quelques lynx, des cerfs, des chevreuils, etc. Dans les Abruzzes les gens vont aux champignons, ils crapahutent, font du parapente, du ski de fond, élèvent des moutons et leurs enfants sans s’effaroucher de la présence animale. Comme le montre le documentaire, une maman ours brun et ses quatre petits venus se délecter de cerises aux abords d’un village, font les délices des habitants. Les oursons repus, confiants, à l’instar de nos enfants après le repas, jouent, font des roulades et se chamaillent, tandis que sonnent les cloches.

c’est-à-dire des individus en Dans le même temps, sur le Parc naturel régional de Millevaches, plus de six fois plus étendu que celui des Abruzzes, nous n’avons pas, nous Français, toléré un loup. Et regardons par-dessus les Pyrénées, en Espagne, le loup gris ne provoque pas non plus semblable délire. Qu’estce qui cloche chez nous ? Quelle spécificité avons-nous développée pour diaboliser le loup au point de n’envisager notre rapport à lui, dans les faits, qu’en terme d’extermination ?

Les anthropologues considèrent les sociétés humaines de manière globale. C’est-à-dire que vie pratique, onirique, émotionnelle, spirituelle s’entrelacent pour constituer un groupe d’humains. Ces animaux de culture que nous sommes ont notamment développé le verbe. Et Primault dans leur publication nous nous reconnaissons entre nous, amis, ennemis, en fonction des histoires que nous véhiculons, des histoires que nous nous racontons, des histoires auxquelles nous adhérons.

Les Italiens, les Espagnols ne se racontent, semble-t-il pas les mêmes histoires que nous, Français, au sujet des loups… Notre façon d’être au monde est pétrie de ces longues séries de contes, de récits fantasmés ou réels, que nous trimballons depuis des générations. Et nous y

Parce qu’en forçant l’autre à se résigner, à renoncer à sa liberté, ben tu ne fais que l’enfermer. Et ça, c’est peut-être ce qui te fait kiffer ? Tu crois pouvoir l’utiliser comme un jouet ? Pour tes petits kifs perso… Mais en Vrai, tu ne fais que voler ce qui ne t’appartient pas, ce qui fait que l’autre est autre et tu cherches à le modeler à ton image. À gros coup de saccages… Intérieurs. T’es un briseur d’âme. Tu suces jusqu’à la dernière goutte de substance pour te faire croire que tu as une Essence et de la puissance.

le

sommes assujettis tant que nous ne les questionnons pas. Notre rapport au vivant est-il librement consenti ou sommes-nous perclus d’habitus qui nous entrave et empêche toute évolution ? Quel humain désirons-nous être ? Je suis du côté de celui qui laisse sa part au vivant sauvage, au loup, de celui qui vise une place à sa mesure, sans démesure, sans appropriation systématique, parce que l’inhumanité nous entraîne aussi vers notre propre perte.

« Énigme parmi les énigmes, la manière humaine d’être vivant ne prend sens que si elle est tissée au millier d’autres manières d’être vivant que les animaux, végétaux, bactéries, écosystèmes revendiquent autour de nous », écrit Baptiste Morizot 2 .

1. Disponible sur demande à carduelis@laposte.net ou Carmen Munoz et Vincent Primault, Association Carduelis – 23130 Puy-Malsignat (ou si vous souhaitez diffuser le documentaire…). 2. Baptiste Morizot, Manières d’être vivant, Actes Sud, 2020.

Un chacal qui bouffe des cadavres parce que oui, tu suces des macabés ! Tu t’insinues en l’autre et tu broies tout ce qu’il y a à l’intérieur jusqu’à ce que l’autre ne soit plus qu’un automate qui écoute et suit tes pensées. Quand tu décides un truc faut que ça se réalise, Sinon ça part en crise ! Tu te prends pour un grand parce que tu écrases les autres, tu pompes la vibe comme un Dyson aspire la poussière. Franchement, t’es une pourriture qui se répand comme les champignons du compost.

7 – LA TROUSSE CORRÉZIENNE N° 56

POMME SANNE

Du papier, des crayons, pas de pubards.

Le papier, c'est encore mieux.

C'est bien de nous lire sur ton mobile. Mais la Trousse papier, c'est autre chose : 5 numéros par an, écrits et dessinés en Corrèze, postés chez toi.

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