Ce texte a été écrit sans mépris pour personne, mais pour le respect de tous… Des conditions de travail pénibles, des rapports désastreux entre collègues, la précarité de l’emploi, une amie qui pleure, et : « Oyez ! Damoiselles, ou damoiseaux ! »
Dans ma basse-cour, il y a de gentilles colombes, et de beaux cygnes courtois. Mais il y règne aussi des paons auréolés d’un quelconque prestige, des coqs enrubannés d’un misérable titre, des jars accrochés à leur petit grade. Même des ânes arrogants à qui il faut donner du : « Pacha par-ci, et du pacha par-là ! » Il y a également des dindes qui gloussent pour leurs dindons, et qui vous lapident à cause d’un joli minois.
Quant aux poulettes qui se bécotent, genre « Bisous, bisous, ma chérie ! », avant de caqueter, de jacasser, de cancaner ensemble. Celles-ci s’affublent de tous les noms de gallinacés, dès que l’une d’entre elles a tourné son dos. Enfin, il y a ces oies qui se métamorphosent en roquets emplis de rage, si une malheureuse ose se rebiffer, voire s’insurger contre les coups bas de leurs becs, ou de leurs maudits ergots. Mais ils peuvent aboyer, même s’égosiller si cela les amuse. Ils n’empêcheront pas la petite chèvre de leur dire : « Je me moque de vos messes basses. Je n’ai pas envie d’écouter vos jérémiades, ou de répondre à vos sarcasmes, ni de participer à vos lynchages. Contrairement à vous, je n’ai pas le temps de traîner dans les herbages, ni de pérorer dans un enclos. Sinon, oust !
Je serai congédiée sans remord, ni préambule au bout de six mois, afin de donner ma place à un estampillé CAE. » Un autre à qui on fera l’aumône de quelques sacs de graines, ou la charité de malheureux quignons de pain. Néanmoins qui les acceptera, car il y a une couvée à rassasier, ou une portée à loger. Mais prenez garde ! Nul n’est à l’abri de perdre son toit : quand l’horizon se gâte ! Nul ne peut sauvegarder sa mangeoire : si le temps devient orageux ! On devient vite ce quart-monde, ce petit peuple, du menu fretin pour ces bécasses. Ou les inférieurs méprisés, grugés, exploités, pressurisés par ces bécasseaux. Toutes ces damoiselles, et tous ces
Chantal Lanoix





