
Il y a toujours de la braise Vacuum
Ce titre ne vous dit rien. Normal. Le latin fait savant et invite au mystère de la science. Le voile pudique d’une coquetterie pour en dire long sur la bite et la bandaison… qui ne se commande pas ?
Le baculum n’est pas une maladie mais un os. Un os qui aurait disparu chez l’homme au cours de l’évolution. À l’origine, il était présent chez tous les primates et les carnivores. Il l’est encore chez la plupart des singes, en format très réduit. Il désigne l’os pénien, présent dans la verge. L’absence de ce dernier chez nous, les sapiens, serait dû à notre relative monogamie et à la courte durée de la pénétration. Désolidarisé du squelette et évoluant dans un tissu mou, ce « bâton », au sens propre, facilite l’intromission. Chez les hommes, donc, pas de facilitateur. Notre verge est dotée d’un corps, d’un gland, d’un prépuce (morceau de peau amovible qui le protège et qu’il est possible d’ôter, pour des raisons d’hygiène et/ou religieuses, par une opération nommée circoncision) et enfin d’un méat urinaire (les deux petits rebords du bout du tuyau). « Urinaire » parce que l’organe a la particularité de servir et à la miction et à la copulation. Elle passe de flaccide à érectile simplement par un afflux de sang dans les corps caverneux et spongieux qui la constituent.
Vacuum veut dire en latin « vide ». Vous l’avez compris notre sexe est vide d’os. En cherchant des informations sur la taille de l’organe (thématique que nous n’aborderons pas ici), j’ai appris l’existence d’un curieux appareil à bonifier l’érection, parfois même à des fins thérapeutiques, par l’assouplissement des tissus : le vacuum. Incroyable mécanisme. C’est en fait, tout simplement, une pompe manuelle ou électrique, au choix, qui fait le vide dans une cloche en matière transparente de forme oblongue. Cette cloche s’applique sur le zboub flaccide en prenant soin de bien l’obturer au niveau du pubis pour que l’air ne s’échappe pas. En faisant le vide, la dépression provoque mécaniquement, sans volonté, ni excitation, le durcissement. En plaçant adroitement un anneau pénien à la base du phallus il est alors possible pour les personnes souffrant d’impuissance d’avoir un rapport sexuel pendant trente minutes. L’érection n’est donc pas ici le produit d’une excitation mais d’une réaction mécanique. Il en est ainsi aussi du phénomène matinal ou nocturne (en fait le même) : un mécanisme automatique, contrôlé par le cerveau, qui n’a pas de lien avec des rêves érotiques ou une excitation. Ainsi, notre sexualité est plus complexe que ce qu’il peut parfois en être dit : ce n’est parce que nous bandons que nous sommes excités et encore moins consentants…
Pour autant, il arrive, et heureusement, que le mécanisme d’érection soit déclenché par l’excitation. À l’origine de cette dernière sont différents types de stimulations captées par le cerveau : tactiles, visuelles, auditives, olfactives. Le centre de commande les transforme en signaux électriques qui transitent ensuite par la moelle épinière jusqu’à la verge via les nerfs érecteurs (système parasympathique). Ces derniers sont directement connectés aux artères et aux corps caverneux du pénis. C’est ici que se déroule la suite. La libération de la guanosine monophosphate cyclique permet au corps spongieux d’absorber le sang qui abonde. Mais pour augmenter la pression et maintenir une érection de type baculum, le retour veineux est en même temps diminué par la compression des veines chargées de drainer le sang hors du pénis. Coincés entre le tissu érectile et l’enveloppe extérieure, ces vaisseaux ne peuvent plus remplir leur office et le sang reste sous pression dans l’éponge. Le retour veineux est théoriquement bloqué jusqu’à l’éjaculation qui libère alors la phosphodiestérase de type 5 qui bouffe la guanosine monophosphate cyclique. Et là ça dégorge, ça débande. D’où la difficulté de « redescendre » quand le processus doit s’arrêter en cours. À retenir donc que, si « érection » ne veut pas dire automatiquement excitation et encore moins « volonté de », l’érection par excitation n’inhibe pas la volonté mais la met à l’épreuve des processus biochimique en cours sous la ceinture. Sur ce, vis ton vit en conscience…
baculum
11/12/2020 16:08
fred alus





