
Depuis quelques années, ils sont une vingtaine à se réunir au café signe de Tulle et de Brive. D’horizons différents, les participants échangent et se rencontrent autour de leur boisson favorite tout en apprenant la langue des signes française (LSF) de manière ludique. Ouverte aux débutants comme aux vétérans, la langue des signes, c’est tout simplement deux personnes sourdes ou ayant des difficultés à parler qui ont cherché à communiquer avec leurs mains, leur corps car c’était simple et naturel.
Plusieurs éléments sont importants dans la LSF. La position du regard par exemple : pour le signe « enfant », on regarde vers le bas ; ou vers le haut pour « étoiles ». Et ne demandez pas le signe pour chaque mot, mimez ! soyez créatif ! À l’exception d’un prénom, une ville ou un mot scientifique compliqué. Cependant, pour ce dernier, je suis convaincu qu’il vaut mieux l’écrire sur papier.
Communiquer avec son corps, les expressions du visage, ce n’est pas facile. L’une des premières choses qu’on apprend dans une formation LSF est le contact comme taper sur l’épaule pour appeler un sourd et se regarder en face. La langue des signes reste rattachée à une habitude culturelle, elle n’est pas universelle hormis quelques gestes propres à nous-mêmes comme courir. « Manger » en chinois, c’est le mouvement signé des baguettes. Comme toute langue, elle véhicule une vision du monde ; par exemple le signe « hétéro » est un « h » avec une main sur le front qui part en ligne droite vers l’avant. Cela véhicule une idée de droiture. C’est loin d’être neutre.
Pendant deux heures, animé à tour de rôle autour d’un thème comme le printemps, l’espace d’un court instant nos mains virevoltent pour éclore les fleurs, amener les abeilles. Un atelier vivant et ludique.
Quelques ressources pour mettre un pied à l’étrier :
Elix.fr – Un dictionnaire en ligne aussi disponible sur vos smartphones
Dictionnaire étymologique et historique de la langue des signes française : Origine et évolution de 1200 signes, Yves Delaporte. Découvrez l’origine d’un signe, comme le signe “blanc” (cf la trousse corrézienne n°)
Le cri de la mouette, Emmanuelle Laborit. Touchante biographie autour de la vie d’une icône dans le monde des sourds, dans les années 70-80
« encadré »
Cafés signes
Coffee’z
16 rue Jean Jaurès 19000 Tulle
Tous les 2èmes samedis du mois à 15h
Le Grand Hôtel
69 avenue Jean Jaurès 19000 Brive-la-Gaillarde
Tous les 1ers samedis du mois à 15h
Tous les 3èmes samedis du mois à 19h.
Antoine Retoré




