
Pour la vulve, comme pour le clitoris, il aura fallu attendre 2017 pour qu’un manuel scolaire (UN SEUL !) daigne les représenter entièrement et comme partie intégrante de l’appareil génital féminin.
Ainsi, seuls les élèves dont les professeurs auront commandé le manuel Magnard auront l’occasion d’apprendre que la vulve est l’ensemble des petites et des grandes lèvres, de la partie visible du clitoris et de l’entrée du vagin.
Vous reprendrez bien un peu de complexe
D’autant que cette pauvre vulve est mal aimée. Puisque dans cette société de l’image chaque partie de notre corps est maintenant susceptible d’être jugée d’un point de vue esthétique, elle est devenue source de complexe chez beaucoup de femmes. Pour preuve, la quantité hallucinante de nymphoplasties chaque année dans le monde ; en sept ans cette opération qui consiste à réduire chirurgicalement la taille des petites lèvres a augmenté… de 70 %* !
En 2015, plus de 95.000 labioplasties et plus de 50.000 vaginoplasties ont été pratiquées**.
La majorité des femmes qui ont recours à cette opération ont entre 20 et 40 ans et font ce choix dans un but purement esthétique. Il faut savoir que la mode de l’épilation intégrale touche principalement cette même tranche d’âge, et que le regard qu’on porte sur son sexe n’est pas le même quand il n’y a plus de poils pour faire écran…
Le porno comme référence
Comme pour la mode de l’épilation intégrale, l’industrie du porno est largement responsable de cette déferlante d’images de vulves « normées », parfaitement symétriques, lisses comme celle de Barbie et toutes identiques.
Or la nature ne fonctionne pas comme ça ! Elle aime la diversité et ça se voit autant sur nos trombines que dans nos culottes ! Quand on connaît la multitude de pénis et de testicules (je ne dis pas que j’ai vérifié cette multitude personnellement… enfin vous voyez ce que je veux dire…), pourquoi voudrait-on qu’il n’en aille pas de même pour les vulves ?
C’est normal que les petites lèvres dépassent, c’est normal qu’il y ait parfois une asymétrie, c’est pareil pour les coucougnettes des messieurs dont une est parfois plus basse que l’autre.
Non à l’uniformisation
Outre-Atlantique, la révolte gronde. Le projet 101 vagina*** se bat pour supprimer la honte qui entoure l’appareil génital féminin grâce à une expo itinérante de 101 photographies de vulves. L’exposition de Greg Taylor, intitulée « cunts », milite également pour la décomplexion et rend hommage à la diversité avec des moulages (c’est le cas de le dire) de vulves ultra réalistes.
Plus rigolo et moins élitiste, le mouvement « vagina guerilla » milite pour plus de représentations de vulves dans notre quotidien, pour rivaliser avec toutes ces quéquettes stabilotées un peu partout : « la représentation graphique du pénis est entrée dans les moeurs. Dessiner un zizi sur un mur ou un bout de papier est devenu un geste quasiment inné chez tout un chacun. Pourquoi la représentation de la vulve n’aurait-elle pas droit de cité, elle aussi, sur nos murs ? ». Sur leur site, vous pourrez vous procurer un cabas customisé ou des stickers à coller à l’arrière de votre voiture, pour affirmer votre soutien à la cause : ma vulve, notre vulve est NORMALE !
- Source : étude INAMI
** Selon l’American Society for Aesthetic Plastic Surgery (ASAPS)
*** 101vagina.com. L’exposition a été vue au Canada, aux EU et en Australie.
Sousou





