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La Trousse Corrézienne

Dans les culottes des filles, LTC 25 · 5 juillet 2019

Au menu : l’avortement

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Adi, les sorcières. Ceci étant ma dernière culotte des filles, j’ai longuement cherché LE sujet sur lequel plier les gaules, dans l’esprit initial de désacralisation/autonomisation de la chronique. Ainsi, après avoir pris beaucoup de plaisir à vous donner rendez-vous tous les deux mois, c’est sur l’avortement que je vous quitte.

Podium européen

Chères travelleuses sexuellement actives qui auriez choisi de vivre ailleurs en Europe, un état des lieux s’impose. L’avortement est désormais autorisé sans conditions dans 24 pays européens. En revanche, au Royaume-Uni (RU) et en Finlande, il est sur autorisation : au RU, il vous faut l’accord de deux médecins, pour raisons médicales ou sociales. Quant à la Finlande, une loi ne rend l’IVG légale qu’avant dix-sept ans ou après quarante ans (c’est vrai que moi, perso, à seize ans et onze mois, je ne me sentais pas hyper prête à assumer une maternité, alors qu’à dix-sept ans révolus, franchement, mon taux d’abnégation et de maturité avait littéralement explosé, et j’avais lu tout Laurence Pernoud ), ou en cas de difficultés sociales, économiques ou de santé. Et la palme d’or du conservatisme rétrograde et dangereux est accordée ex aequo à… ? Malte et la Pologne ! En Pologne, c’est en cas de viol ou d’inceste (avec certificat siouplaît ?) ou encore de malformation irréversible du foetus ou de danger pour votre santé que l’IVG vous sera accordée. Standing ovation pour Malte qui interdit totalement l’IVG avec, cadeau bonus, trois ans de prison ferme pour les contrevenants.

Avortum clandestinum

Cela fait des milliers d’années que l’avortement est contrôlé, voire interdit, puni et que les femmes ont développé des solutions, la phytothérapie pour alliée. Des collectifs de féministes, souvent considérés comme dangereux, militent depuis plusieurs décennies pour ne pas perdre ces savoirs et continuer à les prodiguer. En voilà un condensé.

Après une relation sexuelle dangereuse : dans l’heure qui suit, insérer un comprimé de vitamine C (500mg) dans le vagin. L’acidité va débalancer le ph vaginal et empêcher les spermatozoïdes de vivre. Mettez un comprimé toutes les douze heures pendant trois jours (ça peut irriter, vous pourrez par la suite faire un traitement au yaourt).

Pour déclencher les règles : grâce aux plantes emménagogues, qui ne peuvent pas être utilisées juste après l’ovulation, car on ne peut pas faire décoller la muqueuse utérine qui n’est pas mature. Les tisanes sont donc à commencer dès la veille des menstruations présumées, ou jusqu’à six jours de retard max. Attention, ces plantes ne causent pas d’intoxication, mais si elles peuvent provoquer une fausse-couche, elles peuvent aussi abîmer un embryon : recette à suivre seulement dans le cas où l’on est sûre de pouvoir obtenir un avortement médical si besoin.

Infuser 20 minutes avec un couvercle 14 grammes d’agripaume, 14 grammes d’armoise, deux tasses d’eau bouillante, puis tamiser. À part, faire la décoction suivante : 28 grammes d’actée bleue, 2 tasses d’eau froide : faire mijoter 20 minutes avec un couvercle et tamiser. Mélanger les deux mixtures. Boire chaud 1/4 de tasse 3 fois dans la journée. Parallèlement, prendre 2 capsules d’hydraste et 2 capsules de gingembre (ou en croquer la racine fraîche) 3 fois par jour. Répéter cette recette 2, 3 ou 4 jours. Repos oblige pendant ces 4 jours ! Au moindre signe de complication (rarissimes) tels que fièvre intense, nausée persistente, grosse hémorragie en continu… allez à l’hosto.

Pour finir, comme le dirait Carol Downer (1), gardez ce numéro de la Trousse et « […] votre spéculum en lieu sûr […]. Quel que soit le climat politique, vous aurez tous les outils dont vous aurez besoin. »

(1) Carol Downer, est une avocate et écrivain américaine. Féministe, elle milite pour le droit à l’avortement et la santé de femmes. Elle a préfacé le fameux Natural Liberty : Rediscovering Self-Induced Abortion Methods, à consulter sans modération sur internet.

Sousou

Du papier, des crayons, pas de pubards.

Le papier, c'est encore mieux.

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